L'écume des jours

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Absurde et humour noir : le style de Boris Vian dans L’Écume des jours

Chaque nouvelle lecture de L’Écume des jours réserve des surprises au lecteur. En effet, le texte écrit par Boris Vian est truffé de trouvailles linguistiques mises au service d'un récit qui se déroule dans un monde onirique. Vian tourne le dos au réalisme et fait la part belle à la poésie, l'absurde et l'humour noir. Qu'on ne s'y trompe pas : le texte de Vian est d'une rigueur absolue et l'histoire, quoi qu'on en pense, vraie : « l'histoire est entièrement vraie, puisque je l'ai imaginée d'un bout à l'autre », nous informe l'auteur.

Boris Vian recrée une réalité, un monde parallèle au sien. Cette recréation commence dès le cadre même que Vian donne au roman : Boris Vian indique qu'il aurait écrit la préface à la Nouvelle-Orléans et le roman ente Memphis et Davenport, alors qu'il n'est jamais allé aux États-Unis. De même, si l'on en croit les indications de dates, le roman aurait été écrit entre le 8 mars et le 10 mars 1946 – en deux jours ! – ce qui est évidemment impossible. Donc, le lecteur qui ouvre le volume doit accepter de perdre les repères du monde réel. Dès l'incipit, il est entraîné dans un monde qui n'est pas son monde : Colin soigne les « longs filets orange » de ses cheveux avant de tailler en biseau les coins de ses paupières (qu'on se rassure : elles repoussent). Plus tard, on voit que les hommes portent cravate, vivant objet qu'il faut fixer au cou d'un « jet de pulvérin », résine destinée à fixer le nœud de la cravate avant que l'indisciplinée ne se défasse seule. Dans L’Écume des jours, les serviettes sèchent parce qu'on les fait dégorger avec du sel. La musique, omniprésente, fait changer la forme...

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