L'écume des jours

par

Le monde à l'envers de L’Écume des jours et la subversion dans le roman

La logique cartésienne ne s'applique pas dans le monde de L’Écume des jours. Dans son roman, le jeune écrivain qu'est Boris Vian s'amuse à inverser les choses, à mettre en haut ce qui est normalement en bas, et crée ainsi un monde à l'envers où le lecteur ressent un vertige s'il essaie d'y appliquer la logique à laquelle il est habitué. L'écrivain utilise ce procédé pour remettre en question certaines valeurs sur lesquelles la société de 1946 est fondée, en particulier le travail et la religion.

Donc, la perspective est inversée. Par exemple, les ouvriers sont plus riches que les ingénieurs sous les ordres desquels ils travaillent. De même, les diplômes ne couronnent plus la réussite : le père d'Alise est agrégé de mathématique et professeur au Collège de France, ce qu'elle vit comme une honte car pour elle et la société, celui qui a réussi dans la famille c'est son oncle Nicolas le cuisinier ; l'agrégé est vu comme un raté. Quant au travail en tant que tel, il est une des valeurs qui subit un assaut en règle de la part de Boris Vian. Colin explique à Chloé que le travail aliène celui qui le fournit : pourtant, le travailleur pense que travailler est une belle chose, mais c'est parce qu'on le lui a seriné depuis l'enfance : « le travail c'est sacré, c'est bien, c'est beau, c'est ce qui compte avant tout. Seulement, on s'arrange pour les faire travailler tout le temps et alors ils ne peuvent pas en profiter. » « Les gens travaillent pour vivre au lieu de travailler à construire des machines qui les feraient vivre sans travailler. » Les oisifs comme Colin « perdent leur temps à vivre, alors il ne leur en reste plus pour...

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Dissertation à propos de L'écume des jours