La Cousine Bette

par

L’image de la femme

Dans La Cousine Bette, les quatre premiers personnages principaux sont des femmes : Bette, Valérie, Adeline et Hortense. De plus, chacune des paires de femmes est associée à un homme pour lequel elles bataillent : Hortense et Bette bataillent pour l’amour de Wenceslas, Valérie et Adeline pour celui du baron Hulot.

Cependant, une attention spéciale est accordée à l’image féminine de la cousine Bette, qui est bel et bien une femme singulière. Elle est décrite comme ayant « des qualités d’homme », et sa relation avec Wenceslas ne la présente pas différemment : femme dominatrice, elle le fait inconsciemment se soumettre à lui. « Ferez-vous tout ce que je vous dirai de faire ? », « Allons, commençons », « Habillez-vous ». En lui offrant un logis, des repas et une couche confortable, et en le soutenant financièrement dans le développement et la vente de ses sculptures, Bette attache subtilement Wenceslas à sa personne, forgeant ainsi un lien de dépendance et de soumission qu’il sera difficile pour lui de briser.

Toujours dans ce rôle de femme au caractère d’homme, Balzac présente la cousine Bette comme une femme attirée par d’autres femmes. Et lorsqu’on recolle les pièces de la narration, on est tenté d’arriver à cette conclusion. Premièrement, l’auteur mentionne à plusieurs reprises que Bette est vierge. Deuxièmement, Bette a refusé de donner sa main à cinq prétendants qui désiraient l’épouser, et à 42 ans elle vit toujours seule, sans compagnon. De plus, bien qu’elle prétende que Wenceslas soit son amoureux, sa relation avec lui n’est pas de prime abord romantique, car elle le dit elle-même : « Eh bien ! Je vous prends pour mon enfant », démontrant qu’elle n’a aucunement intérêt de s’attacher à lui de manière romantique. La confirmation finale de son possible lesbianisme est observée lors de son rapprochement avec Valérie, la courtisane. Elle est « captée » par Valérie, et bizarrement devant celle-ci Bette assume une position de soumission au lieu de commande et de contrôle, comme lorsqu’elle lui déclare : « Je vous aime, je vous estime, je suis à vous ! » et aussi : « Nous ne nous quitterons plus jamais », et ceci nous fait suspecter que leur relation transcende l’amitié. Le narrateur ajoute lui-même : « Lisbeth et Valérie offraient le touchant spectacle d’une de ces amitiés si vives et si peu probables entre femmes, que les Parisiens, toujours trop spirituels, les calomnient aussitôt ».

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