La mort du roi Tsongor

par

Katabolonga

Katabolonga, serviteur intime du roi Tsongor, « porteur du tabouret d’or » depuis des années, fut le dernier guerrier du dernier peuple vaincu lors de la dernière guerre menée par le roi Tsongor. Quand ce dernier a vu se dresser devant lui « une haute silhouette qui dominait la foule des soldats amusés et curieux » et que l’homme lui dit : « « je te tuerai. […] Ta mort m’appartient », Tsongor lui proposa ceci : « Tu es le dernier ennemi du dernier pays et je te demande d’accepter de rester désormais à mes côtés. » […] Ma mort t’appartient. […] Tu me tueras, Katabolonga, quand tu le voudras. » L’homme répondit : « J’accepte, Tsongor. Je te servirai. Avec respect. Je serai ton ombre. Ton porteur. […] Puis je te tuerai. En souvenir de mon pays et de ce que tu as brûlé en moi. » Et les deux hommes ne se sont plus quittés.

Au matin de la veille des noces de Samilia, le vieux serviteur sent que c’est ce jour-là qu’il doit tuer le roi. Mais quand arrive le moment, le courage lui fait défaut et il s’effondre en pleurs. Le roi s’ouvre alors les veines et le prie d’abréger son agonie. Katabolonga l’achève de deux coups de poignard au ventre.

Katabolonga ne quitte plus le cadavre de Tsongor, il le protège des atteintes du temps et du siège de la ville, il dialogue avec le roi défunt. Quand Souba, devenu un homme mûr, revient pour emmener le corps de son père à sa dernière demeure, Katabolonga l’accompagne jusqu’au tombeau. Une fois Tsongor couché dans la tombe, Katabolonga « s’accroupit devant le tombeau, comme un garde, prêt à bondir. […] Et il mourut. Son corps se figea comme la pierre et il resta ainsi pour l’éternité. »

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