La mort du roi Tsongor

par

Tsongor

Roi guerrier qui pendant vingt ans « nedormit que sur des lits de fortune. Vingt ans à consulter des cartes. Àélaborer des stratégies. Et à porter des coups. » Il s’est lassé de laguerre et a choisi la paix. Régnant sur un immense royaume, il est sage etrespecté. Il a eu cinq enfants : d’abord deux fils jumeaux – Sako,héritier du trône, et Danga –, puis un autre fils, Liboko, puis sa filleSamilia, et enfin Souba, à qui il confie la mission de lui construire septtombeaux.

Au soir de sa vie, il attend sereinement que sonami Katabolonga le tue, mais devant la faiblesse du vieillard qui ne peutfrapper son maître et ami, il s’ouvre lui-même les veines, afin de déchargerKatabolonga du poids de la culpabilité. Ce dernier abrège l’agonie du roi en lefrappant de deux coups de poignard au ventre. Le premier soir après sa mort,quand ses enfants décident de festoyer ensemble une dernière fois, le roiTsongor, saisi par « les notes indistinctes d’une douce musique », selève de son lit de mort, va contempler ses enfants en secret « et selaissa emplir, lui aussi, de la douce lumière qui baignait les lieux »,avant de retourner « à la froideur marbrée de son catafalque ».

Ce sera le dernier moment de bonheur pour le roidéfunt qui, bloqué sur la rive des âmes en peine, voit passer les guerriers desdeux camps, ses fils, ceux qui l’aiment et qu’il aime, tous ceux qui ont perdula vie dans cette guerre que son suicide n’a pas pu éviter. Tel est sonchâtiment. Par-delà la mort, il en éprouve une grande souffrance dont esttémoin son vieux serviteur Katabolonga qui a le pouvoir d’entendre la voix desmorts et de se faire entendre d’eux. Cette souffrance ne sera apaisée quelorsque son corps reposera dans le dernier tombeau construit par Souma et queKatabolonga lui aura glissé entre les dents la pièce nécessaire pour payer sonpassage vers le royaume des morts.

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