La Mort est mon Métier

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Résumé

La Mort est mon métier a été écrit par Robert Merle (1908-2004) et publié en 1952. Il s’agit de l’autobiographie romancée de Rudolph Höss qui fut, entre autres, le premier commandant du camp d’extermination d’Auschwitz et qui, à ce titre, prit une part prépondérante à la mise en œuvre de l’Holocauste. Les personnages du livre, pour la plupart personnages historiques, sont désignés sous des pseudonymes, sauf un : le Reichsfürher SS Heinrich Himmler. Rudolf Höss est représenté par le personnage de Rudolf Lang. C’est lui le narrateur.

L’histoire de Rudolf Lang commence en Bavière. Au début du roman, il a treize ans. Il est né dans une famille catholique, son père est un commerçant issu d’une lignée d’officiers. Celui-ci est un homme dur, rigide, enfermé dans une névrose religieuse. Il a commis, dit-il, une faute dans sa jeunesse, et exige de son fils qu’il devienne prêtre afin d’expier sa faute à lui. Un jour, Rudolf casse accidentellement la jambe d’un camarade. L’enfant se confesse à un prêtre, mais son père apprend l’incident, et fustige violemment son fils, qui a péché selon lui, et n’a pas avoué sa faute au cours de la confession familiale du soir. À ce moment-là, Rudolf perd la foi, pensant avoir été trahi par le prêtre.

Le père de Rudolf meurt le 15 mai 1914 et vient la guerre. Le jeune homme s’engage comme brancardier bénévole, puis, par deux fois, essaie de suivre les troupes vers le front. On le refoule du fait de son jeune âge. Il devient ensuite garçon de salle dans un hôpital militaire où il rencontre un capitaine de dragons gravement blessé, le Rittmeister Günther, qui le prend en amitié. À son contact, le culte de l’Église catholique est remplacé par le culte de l’Allemagne. Il s’engage à quinze ans et huit mois grâce à lui comme dragon. Son régiment est envoyé à Constantinople, puis en Irak. Là, il se bat contre les Anglais. Il est décoré et sa bravoure lui vaut d’être nommé sous-officier. C’est en Turquie qu’il assiste à ses premiers massacres : pendaison collective de dizaines de turcs, villages anéantis, femmes et enfants compris. La défaite de l’Allemagne est pour lui un coup très dur. Il retourne à la vie civile sans enthousiasme. Sa famille ne veut rien avoir à faire avec lui, et son pays est secoué par les troubles spartakistes qui voient s’affronter communistes et nationalistes. Il tente de gagner sa vie comme ouvrier, mais s’engage bientôt dans les Corps Francs, groupe paramilitaire employé à la lutte contre les bolcheviques et les communistes, aux méthodes brutales et sans merci.

Quand il quitte les Corps Francs, il survit en exerçant divers métiers mais la crise frappe l’Allemagne de plein fouet, et Rudolf Lang vit dans une misère noire. Il est sur le point de se suicider quand un camarade de chantier l’introduit dans ce qui va devenir sa vraie famille : le Parti national-socialiste, le Parti nazi. Il en devient un homme de main, et va jusqu’à assassiner un opposant, un maître d’école, considéré par les nazis comme un traître. À la suite de cet assassinat, il est condamné à dix ans de réclusion, et libéré au bout de cinq ans pour bonne conduite.

Le Parti national-socialiste le place comme employé de ferme au domaine du colonel Baron von Jeseritz, sympathisant actif du Parti. Au bout de trois mois, le colonel lui confie une ferme abandonnée à remettre complètement en état. Il y parvient au bout d’un an. Sur ordre du colonel, il épouse Elsie Brücker. Le couple aura quatre enfants. Au fil du temps, il accède à des responsabilités de plus en plus importantes au sein du Parti, est admis dans la SS, jusqu’au jour où le Reichsfürher Himmler, le chef suprême des SS, lui confie la direction d’un camp de concentration, le camp de Dachau. Il excelle à son poste, et on lui confie la direction d’un tout nouveau camp où doit se dérouler l’extermination des Juifs à un échelon industriel : Auschwitz. Son rôle : que l’on extermine 500 000 « unités » (c’est ainsi que l’on désigne les déportés qui seront éliminés) par an. En administrateur efficace, Rudolf mène sa mission à bien. En décembre 1943, Lang est nommé inspecteur des camps. Il quitte Auschwitz et s’installe avec sa famille à Berlin. Il est amené à visiter les camps de concentration un peu partout. Il séjourne à Auschwitz une partie de l’été 1944, afin d’aider au « traitement spécial » de 400 000 Juifs hongrois.

Fin avril 1945, il fuit devant les avancées russe et alliées. Il se cache dans une ferme pendant huit mois avant d’être arrêté par les Américains le 14 mars 1946. Il est livré aux Polonais qui le traduisent devant un tribunal. Alors que Himmler s’est suicidé, ce que Lang considère comme une trahison, il reconnaît totalement ses responsabilités, sans exprimer le moindre remords. À la fin de l’ouvrage on le voit enfermé dans sa cellule, où il attend la mort, en marchant de long en large et en comptant ses pas.

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