La Mort est mon Métier

par

L'antisémitisme ordinaire de Rudolf Lang

Dès son enfance, Rudolf Lang vit dans un antisémitisme quotidien : son père ne fait pas d'affaires avec les Juifs, le Rittmeister Günther, son officier commandant dans les dragons, compare les Juifs à des poux. La Mort est mon métier montre au lecteur un antisémitisme ordinaire, consubstantiel à une éducation, qui va devenir le terreau d'un des plus grands massacres de l'Histoire de l'humanité.

Lorsqu'il est sur le point de se suicider, un camarade de chantier vient visiter Rudolf Lang, arrête son geste, et lui met sous les yeux un journal, le Völkischer Beobachter, qui est l'organe du Parti national-socialiste, le Parti nazi. À la une, une caricature : « le Juif international en train d'étrangler l'Allemagne » ; « et tout d'un coup ce fut comme un choc d'une violence inouïe : Je la reconnus. Je reconnus ces yeux bulbeux, ce long nez crochu, ces joues molles, ces traits haïs et repoussants. Je les avais assez souvent contemplés, jadis, sur la gravure que Père avait fixée à la porte des cabinets. Un lumière éblouissante se fit dans mon esprit. Je compris tout : c'était lui. L'instinct de mon enfance ne m'avait pas trompé. J'avais eu raison de le haïr. […] Le diable, ce n'était pas le diable. C'était le Juif. » Le dessin de propagande renvoie Rudolf Lang à l'objet de ses terreurs d'enfant : une gravure représentant le diable que son père avait jugé bon d'afficher dans les cabinets de la maison. Pour lui, tout devient clair, tout devient simple : si l'Allemagne a perdu la guerre, si le peuple allemand se débat dans une crise économique qui affame les travailleurs – dont Rudolf fait alors partie –, si la...

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