La Mort est mon Métier

par

Le Père

Commerçant, issu d'une lignée d'officiers, il fait régner dans son foyer une atmosphère de caserne prussienne (ou bavaroise) où les rires, les chansons, le sourire même sont bannis. Il entretien un froid glacial dans les pièces, impose des horaires très stricts et des rites à tous les membres de la famille. Tous les matins, il assiste à la messe, et il oblige Rudolf à y assister avec lui. Au cours d'un voyage en France, autrefois, il a commis une faute (laquelle ? Le lecteur l'ignore) : « Paris, Rudolf, est la capitale de tous les vices ! » ; « Je fus malade […], je me soignai et je guéris – mais l'âme ne guérit pas. Je rentrai – en Allemagne. Je fis l'aveu – de ma faute – à ta mère et je décidai – désormais de prendre sur mes épaules – en plus de mes propres fautes – les fautes de mes enfants – et de ma femme – et de demander pardon – à Dieu – pour elles – comme pour les miennes. » Au nom de ce vœu étrange, il impose à sa famille une vie où le moindre écart en dehors des règles que lui seul a édictées est une source de culpabilité pour le fautif puisqu'il aide à la souffrance morale du chef de famille. Sans que ce ne soit jamais exprimé par le narrateur, c'est à dire Rudolf Lang, l'effet de cette éducation est destructeur sur l'adolescent qui vit dans une peur qui ne connaît pas de répit. De plus, le père exige de Rudolf qu'il devienne prêtre, afin d'expier la faute qu'il a commise, lui, dans sa jeunesse. Enfin, ce père pour le moins étrange a jugé bon de fixer à la porte des cabinets une gravure représentant le diable. Cette gravure terrorise l'enfant qu'est Rudolf. Il est évident que la personnalité malade de Rudolf Lang trouve son origine dans l'éducation malsaine qu'il a reçue de son père. D'autres auraient pu faire preuve de résilience et aller au-delà des diktats de ce chef de famille déséquilibré, mais la prison mentale de...

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