Le dernier jour d'un condamné

par

Pepa

Le condamné évoque le souvenir de Pepa alorsqu’il est enfermé à la Conciergerie. Il l’a connue quand il était« écolier, rieur, et frais ». L’enfant, Pepita, la petite Pepa, étaitcamarade de jeu du garçonnet. Quatre ans plus tard, elle est « une petiteEspagnole, avec ses grands yeux et ses grands cheveux, sa peau brune et dorée,ses lèvres rouges et ses joues roses, l’Andalouse de quatorze ans ». Quandelle s’appuie à son bras, il est « fier et ému », et, après unepoursuite, souvenir de leurs jeux d’enfant, ils s’assoient et lisent unlivre : « nos têtes se touchaient, nos cheveux se mêlaient ; noshaleines peu à peu se rapprochèrent, et nos bouches, tout à coup ».L’adolescent garde de cette scène pure et touchante, directement inspirée àHugo par ses propres amours avec sa future épouse Adèle Foucher, un souvenirébloui : « J’avais le paradis dans le cœur ».

Les amours enfantines vécues avec Pepa sontdirectement inspirées de l’enfance de l’écrivain, quand il avait suivi sonpère, soldat de Napoléon et général dans l’armée du roi Joseph Bonaparte, engarnison en Espagne : Pepita avait seize ans et était d’ascendance noble,Hugo n’avait pas dix ans. Le souvenir du trouble éprouvé en présence de la jeunefille ne s’est jamais effacé du cœur de Victor Hugo. Ajoutons que le personnagede Pepa marque la présence de l’Espagne dans le roman, présence que l’onretrouvera à maintes reprises dans l’œuvre de Hugo. 

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