Le Fantôme de l’Opéra

par

André Moncharmin et Firmin Richard

André Moncharmin et Firmin Richard, nouveaux directeurs de l’Opéra, seraient sans doute parfaitement adaptés à leurs rôles s’il n’y avait cette peste de fantôme dans les parages. Pour un directeur d’Opéra, Moncharmin est admirablement prêt à admettre qu’il n’y connait rien à la musique ; Richard, lui, compositeur à ses heures, clame du haut des nues qu’il y connaît tout et aime tout, sans discrimination.

Convaincu qu’on se joue d’eux, Richard surtout n’a aucune patience pour toute cette histoire de fantôme, allant jusqu’à donner un coup de pied aux fesses à Mme Giry quant elle surgit à un moment inopportun. Richard est prompt à congédier tous ceux qui l’énervent.

Ni l’un ni l’autre ne croira jamais vraiment au fantôme, et en fin de compte ils seront chacun certain que l’autre est en train de lui jouer un tour – même si cela n’explique guère la chute du lustre. Moncharmin et Richard font fonctionner le comique du récit, et seront si distraits par l’affaire de l’enveloppe magique qu’ils ne se soucieront même pas du fait que leur prime cantatrice a été enlevée sur scène. En fait, ils sont si distraits qu’ils ne réalisent pas qu’ils se rendent ridicules aux yeux de tous en tentant de résoudre l’énigme – ou s’ils le réalisent, ils s’en moquent. Ils sont donc soit très inconscients soit très braves. Moncharmin écrira plus tard des Mémoires en plusieurs volumes.

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Dissertation à propos de Le Fantôme de l’Opéra