Le Fantôme de l’Opéra

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La postérité du fantôme

Le fantôme de l’Opéra est un de ces rares personnages de roman qui sont devenus mythiques, en compagnie de Quasimodo, Dracula, le monstre de Frankenstein, le docteur Jekyll et M. Hyde, le collectif des Trois Mousquetaires et Arsène Lupin. Pourtant rien ne laissait prévoir la place qu’il prendrait dans le panthéon des monstres de la culture populaire. Sans être un four, le roman de Leroux n’a pas été un immense succès, et lui-même sans doute ne s’y attendait pas. Tout suggérait à l’époque que ce qui durerait de son œuvre, ce serait le personnage de Rouletabille ; mais si ce dernier n’est pas encore oublié, il est bien moins connu qu’Erik.

C’est que Rouletabille est rattaché à ses aventures, alors que le fantôme, comme nous l’avons vu, se rattache au mythe. L’image de l’homme laid masqué, au talent extraordinaire, qui se terre sous un bâtiment tout aussi extraordinaire et courtise en secret une jeune femme pour laquelle il se passionne, est susceptible de toutes les variations possibles, qu’on veuille en faire une histoire d’épouvante ou une grande histoire d’amour. Elle reste donc dans la mémoire.

Mais c’est le cinéma qui vaudra au fantôme l’immortalité. Grâce à l’extraordinaire talent de grimeur et de mime de Lon Chaney, le film de 1925 (somme toute fidèle au roman, mise à part sa fin) sera une sensation qui rendra inoubliable le démasquement d’Erik. La reprise assez fade de 1943 introduira l’idée d’une défiguration du fantôme par l’acide, innovation qui durera. C’est là en partie un essai de rendre plus sympathique le fantôme, ce qui est en général la tendance historique. Ces deux films ont suffi à assurer que le fantôme ne serait pas oublié ;...

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