Le Fantôme de l’Opéra

par

Le romantisme

Mythes et féerie

« Vous l’aimez certainement ! Votre peur, vos terreurs, tout cela c’est encore de l’amour et du plus délicieux ! Celui que l’on ne s’avoue pas, expliqua Raoul avec amertume. Celui qui vous donne, quand on y songe, le frisson… Pensez donc, un homme qui habite un palais sous la terre ! »

Roman d’un triangle amoureux singulier se passant dans le décor féerique du Palais Garnier et dans un cimetière breton luisant de neige sous la lune, Le Fantôme de l’Opéra est bien dans la lignée romantique avec son monstre amoureux, son Ange de la Musique, son Persan mystérieux, et ses passions presque mortelles. Et c’est d’ailleurs cette dimension qui a fait sa popularité : à voir les différentes variations qui ont été faites sur le thème dans le siècle depuis sa parution, ce sont ces aspects qui en ont fait un mythe. L’idée d’un homme maudit possédant presque tous les talents qui se fait fantôme et s’érige un empire sous la terre est frappante ; on n’a qu’à lui infliger l’amour impossible, l’amour reposant sur le talent, pour en faire une tragédie.

Pourtant le fantôme ne sort pas tout fait du cerveau de Leroux. Les influences sont palpables : Notre-Dame de Paris, pour l’idée d’un monstre pitoyablement amoureux habitant un chef d’œuvre architectural, en devenant pour ainsi dire l’âme, Trilby pour l’histoire d’un homme aux pouvoirs hypnotiques qui fait une cantatrice sans pareille de son élève. L’apport de ces romans gothiques au Fantôme de l’Opéra n’est pas mineur. Ce ne sont d’ailleurs pas les seules résonances : si le roman est devenu mythique, c’est qu’il s’y...

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Dissertation à propos de Le Fantôme de l’Opéra