Le Journal d’Anne Frank

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La portée historique du récit

Le Journal d’Anne Frank n’est pas un compte-rendu historique détaillé, mais le point de vue de la jeune fille juive qu’est l’auteure permet au lecteur de mieux comprendre les réalités quotidiennes lors de la Seconde Guerre mondiale. Étant donné qu’Anne est juive, le lecteur voit vite sa qualité de vie se détériorer. Pour elle et pour tous ses semblables, les interdictions deviennent la norme. Tout ou presque leur est interdit et ils sont progressivement et irrémédiablement exclus de la société.

« Les lois antijuives se sont succédé sans interruption et notre liberté de mouvement fut de plus en plus restreinte. Les Juifs doivent porter l’étoile jaune ; les Juifs doivent rendre leurs vélos, les Juifs n’ont pas le droit de prendre le tram ; les Juifs n’ont pas le droit de circuler en autobus, ni même dans une voiture particulière ; les Juifs ne peuvent faire leurs courses que de trois heures à cinq heures, les Juifs ne peuvent aller que chez un coiffeur juif ; les Juifs n’ont pas le droit d’entrer chez des chrétiens ; les Juifs doivent fréquenter des écoles juives, et ainsi de suite, voilà comment nous vivotions et il nous était interdit de faire ceci ou de faire cela. Jacque me disait toujours : “Je n’ose plus rien faire, j’ai peur que ce soit interdit.” »

L’occupation des nazis ne se manifeste pas uniquement par la persécution des Juifs. Toutes les personnes, même non-juives, souffrent du manque de nourriture et de la dictature militaire qui leur est imposée. Le récit d’Anne Frank est rythmé par les grandes dates du conflit. En 1933, les Frank quittent l’Allemagne pour la Hollande en raison de l’arrivée au pouvoir des nazis. En 1942, ils commencent leur clandestinité à Amsterdam. Même si les entrées du journal ne compilent pas les événements majeurs de manière précise, certains événements sont consignés. Radio Orange, dont il est fait mention dans le récit, est une radio néerlandaise en exil ; la chute d’Alger, de Casablanca et d’Oran aux mains des forces anglaises en novembre 1942, l’entrée en guerre de la Turquie en mars 1943, sont autant d’événements historiques mentionnés par le Journal.

Vers la fin, l’intérêt d’Anne pour la guerre devient presque académique. Elle documente de nombreuses batailles, différents atterrissages et tous les événements marquants du conflit. Son intérêt est sans doute nourri par l’espoir qu’elle entretient de pouvoir enfin quitter l’Annexe.

« Communiqué à la radio anglaise à une heure, en anglais (traduit) : 11 000 avions sont appareillés, ils ne cessent de faire la navette pour parachuter des troupes et bombarder l’arrière des lignes. 4 000 navires plus des petits bateaux débarquent les uns après les autres entre Cherbourg et Le Havre. Les armées anglaise et américaine sont déjà au cœur de la bataille. Discours de Gerbrandy, du Premier ministre belge, du roi Haakon de Norvège, de De Gaulle pour la France, du roi d’Angleterre, sans oublier Churchill. »

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