Le Journal d’Anne Frank

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Résumé

Le Journal d’Anne Frank est un récit écrit en néerlandais. Son auteure est une adolescente allemande réfugiée à Amsterdam, aux Pays-Bas, chassée d’Allemagne avec sa famille par les persécutions nazies avant la Deuxième Guerre mondiale. Le livre est édité pour la première fois en néerlandais en 1947 et a été traduit depuis en plus de soixante-dix langues. C’est un témoignage majeur parmi ceux de la littérature de la Shoah, abondamment lu à travers le monde par des personnes de tous âges.

 

Anne Frank a treize ans quand elle reçoit en cadeau d’anniversaire un beau cahier relié dans lequel elle va entreprendre d’écrire son journal. La première entrée date du 12 juin 1942. Anne, jeune fille gaie mais solitaire, s’adresse à une amie imaginaire, Kitty, tout au long des pages de son journal. Elle entreprend de raconter son quotidien, et très vite les terribles conditions de vie de la population juive apparaissent derrière la description apparemment légère de la vie de l’adolescente.

Dans les Pays-Bas occupés, les Juifs n’ont tout simplement aucun droit, sinon celui d’être les victimes de lois barbares et discriminatoires. Au fil des mois, les autorités d’occupation émettent des convocations auxquelles doivent répondre les individus – juifs – qui les reçoivent. Or, quand on répond à une telle convocation, on disparaît. Aussi, en juillet 1942, quand la sœur aînée d’Anne, Margot, est convoquée à son tour par les SS, Otto Frank, le père, estime qu’il est temps de mettre sa famille à l’abri des persécutions. C’est à ce moment que la famille Frank : Otto, sa femme Édith, Margot et Anne, vont trouver refuge dans l’Annexe, une cache aménagée dans les locaux de l’entreprise que dirige Otto Frank. Anne doit laisser derrière elle son chat Moortje, qui va cruellement lui manquer.

L’Annexe est un ensemble de pièces aménagées en logement dont l’accès est dissimulé par une bibliothèque. Les Frank n’y resteront pas seuls car les Van Daan aménagent avec eux : le père, la mère et leur fils Peter, âgé de seize ans. Les deux familles seront ainsi isolées du monde ou presque ; quelques très rares amis sont en effet au courant de leur situation et assurent leur ravitaillement : le couple que forment Miep et Jan Gies, une autre amie, Bep, et enfin Kluger et Kleiman. Ce sont eux qui, pendant des mois, vont être le seul lien des deux familles avec Amsterdam, leur apportant nourriture, médicaments, mais aussi les terribles nouvelles du pays sous la botte nazie.

Très vite, la promiscuité aidant, les premières tensions apparaissent, d’abord entre Anne et sa mère, qui lui donne toujours sa sœur Margot en exemple. Ces conflits anodins et somme toute normaux sont exacerbés par l’impossibilité d’avoir un espace à soi, un lieu où l’on serait seul, et Anne, au long des pages de son journal, décrit à Kitty la frustration qu’elle ressent devant l’incompréhension de sa mère à son égard. Heureusement, elle connaît une grande complicité avec son père qu’elle aime profondément. C’est lui qui dirige l’éducation de la jeune fille : français, anglais, sténo, histoire et généalogie sont la base de son enseignement. De plus, il pousse Anne à lire, à lire beaucoup, à lire sans cesse. Enfin, Anne écoute la radio anglaise avec les adultes. Cette radio joue un rôle essentiel pour le petit groupe isolé, car c’est par elle que parviennent à l’Annexe les nouvelles de la guerre.

Mais par dessus tout, Anne écrit : son journal, des récits de fiction, des contes. Son rêve : devenir journaliste ou écrivain. Alors, malgré les difficultés matérielles, en dépit du manque d’intimité qui nuit à sa concentration, Anne écrit, aussi souvent qu’elle le peut. Au fil des pages de son journal, c’est le portrait d’une jeune fille particulièrement brillante qui apparaît. Certes, ses pensées sont celles d’une adolescente : elle aime la famille royale de Hollande et les stars du cinéma hollywoodien, mais elle montre une grande faculté d’analyse et un don exceptionnel d’écriture, ainsi qu’une soif de savoir. Pourtant, elle n’en tire aucun orgueil et se juge, sans indulgence, comme étant le « paquet de nerfs » de la famille.

Des tensions existent aussi entre les familles Frank et Van Daan, rien que de très normal : il n’y a aucune intimité, et les familles sont profondément différentes. D’un côté les Frank, ouverts, modernes – leurs filles ont fréquenté l’école Montessori d’Amsterdam – et de l’autre les Van Daan, traditionnels, souvent butés. Les conflits entre Anne la rebelle et Mme Van Daan sont quotidiens. Son esprit vif et ouvert, son intelligence, fruits d’une éducation moderne, se heurte à la sottise née de l’éducation traditionnelle prônée par Mme Van Daan. La situation ne s’améliore pas quand, en novembre 1942, l’Annexe accueille un nouveau pensionnaire, Albert Dussel, un dentiste quinquagénaire dont les manies de vieux garçon agacent prodigieusement Anne.

La vie s’écoule, tendue, monotone. À travers les rideaux qu’elle n’a pas le droit de toucher, Anne observe les passants, et voit passer des convois de Juifs qu’elle devine promis à une lugubre destination. Le temps passe, les vêtements s’usent, la qualité de la nourriture baisse, la moindre maladie devient un grave problème puisqu’il est très difficile de se soigner. Seules les nouvelles qu’apporte la radio anglaise réconfortent un peu la jeune fille et ses compagnons de misère : le 16 juillet 1943, les Alliés débarquent en Sicile et c’est avec joie que tous apprennent la chute de Mussolini. Le 10 septembre, c’est la capitulation de l’Italie. Mais la plus grande joie éclate le 6 juin 1944 à l’annonce du débarquement allié en Normandie.

Mais le quotidien des deux familles est en outre plein d’angoisse : les raids aériens se succèdent, le danger est permanent : où aller si la maison est touchée par une bombe ? Par ailleurs, plusieurs cambriolages ont lieu, qui mettent les occupants de l’Annexe dans les transes : qui dit effraction dit danger d’être découverts, sans compter le risque d’une visite de la police.

Heureusement, Anne bénéfice du réconfort d’une tendre amitié, celle de Peter van Daan. Lors de l’emménagement des deux familles, Anne avait d’abord eu de Peter l’image d’un garçon lourdaud. Au fil du temps, elle s’est sentie attirée vers lui. Elle découvre la sensibilité de ce garçon discret et délicat, qui se montre très respectueux à son égard. Le 15 avril 1944, les adolescents échangent un baiser, point culminant de leur amourette. L’enfant qu’était Anne s’efface, les traits de la femme qu’elle sera commencent à se dessiner. Le 13 juin 1944, elle célèbre son quinzième anniversaire. Elle ressent une grande joie à l’annonce de l’attentat contre Hitler le 27 juillet 1944. Le 1er août, elle écrit dans son journal pour la dernière fois.

 

Le 4 août, à la suite d’une dénonciation, les deux familles sont arrêtées, séparées, déportées. Anne meurt du typhus au camp de Bergen-Belsen en mars 1945. Seul Otto Frank reviendra des camps d’extermination. La publication du journal de sa fille et la préservation de son témoignage deviendront le but unique de sa vie.

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