Le journal de Ma Yan

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Présentation

Ma Yan estune jeune Chinoise dont le journal a été édité en 2001 par le journalistefrançais Pierre Haski. Ce livre a connu un succès planétaire et permis de créerune association humanitaire.

Le Journal de MaYan est, comme son titre l’indique, le journal intime d’unejeune fille chinoise vivant en Chine, Ma Yan. Il fut publié en France en 2007 dansla collection le Livre de Poche. La fillette, âgée seulement de treize ans audébut du récit, y raconte sa vie quotidienne. Ma Yan aime écrire, lire etapprendre, et fait part dans ce journal des problèmes sociaux de sa région,notamment de la difficulté pour les jeunes filles vivant dans les provincesrurales chinoises d’accéder à l’instruction publique. Auparavant gratuite,l’école est devenue payante. Que sa famille n’ait plus les moyens de l’envoyerà l’école la rend très triste et la révolte ; elle se met ainsi à rédigerde nombreux carnets qui seront rassemblés dans cet ouvrage.

 

À l’origine de la publication

 

C’est enl’an 2000 que Pierre Haski, journaliste au quotidien Libération, estenvoyé comme correspondant à Pékin. Il y reste cinq ans, voyage dans toute laChine, et décide de réaliser un documentaire sur les communautés chinoisesmusulmanes. Lors de l’une de ses excursions dans la province de Ningxia, ils’installe une petite semaine dans le village de Zhangjiashu. Il y partage lavie des habitants et vit dans une modeste hutte. Durant ces quelques jours, luiet son équipe sont accueillis chaleureusement. Pierre Haski découvre la tristeréalité de ce village éloigné du vent de modernité qui souffle sur la Chine etqui semble totalement oublié par l’administration publique. Les infrastructureset les commodités y sont quasiment inexistantes ; les services médicaux,éducatifs et même l’approvisionnement en eau potable sont déficients.

C’est aumoment où ils doivent repartir qu’une mère s’approche du journaliste et lui remetle journal que rédige sa jeune fille de 13 ans, Ma Yan, en lui demandant de lelire et de les aider. De retour à Shanghai, Pierre Haski demande à sonassistante He Yanping d’en assurer la traduction. En la lisant, Pierre Haskiest bouleversé par la beauté tragique du témoignage. Ma Yan y relate ladifficulté que rencontrent les jeunes filles de la campagne pour accéder à unescolarité normale. Elle y évoque la dureté des enseignants qui pratiquenttoujours les châtiments corporels bien qu’ils soient interdits par la loi. Elley fait surtout part de sa tristesse d’avoir dû abandonner l’école en raison desdifficultés financières que son éducation engendrait sur les maigres revenus deses parents.

 

Le triomphe du livre

 

Durant sonséjour en Chine, Pierre Haski tient un blog dans lequel il relate sa vision del’évolution de la Chine, lequel sera censuré par les autorités chinoises.Cependant, les articles qui paraissent dans les colonnes du célèbre quotidienfrançais sont accueillis avec enthousiasme. En 2001, lors de l’un de sespassages en France, le journaliste publie LeJournal de Ma Yan aux Éditions Ramsay. Le livre reçoit une réponseimmédiate, triomphale de la part du public. Ce succès surprend le mondelittéraire, journalistique et associatif. La presse se fait l’écho de cerecueil et elle alimente sa diffusion. Le 24 mars 2004, un très bel article paraît dans le prestigieux journalaméricain du New York Times.L’auteur, Alan Riding, y relate les principaux faits et précise que Ma Yan estde passage à Paris. Le livre a été traduit en 17 langues et ses ventesdépassent les 200 000 unités vendues.

 

L’association « Les Enfants duNingxia »

 

En 2002,une association est créée : « Les Enfants du Ningxia ». Elle secharge de redistribuer les bénéfices générés par la vente du livre et par lesfonds qu’envoient des donateurs anonymes. Plus de 250 enfants de la région ontainsi pu terminer leur parcours secondaire. Ses fonds ont aussi permisd’installer une cinquantaine d’ordinateurs dans la salle de l’école. L’objectifest de préparer au mieux ces enfants qui seront confrontés à une société enpleine mutation. Comme le précisait le directeur de l’école : « Si ces enfants quittent cet établissementsans avoir accédé à la technologie moderne, nous aurons formé les nouveauxanalphabètes du XXIe siècle ». L’argent a aussi favorisé ledéveloppement des infrastructures comme la distribution d’eau potable oul’amélioration des conditions de travail des agriculteurs. Quelques années plustard, plus de 130 élèves vivants dans les environs du village reçoivent unebourse de la part de l’association.

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