Le journal de Ma Yan

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Deuxième partie

Au début du mois dejuillet 2001, Ma Yan rentre dans son village pour les vacances d’été,« après avoir passé un examen d’entrée au collège pour filles de Tongxin,le chef-lieu du district. » Elle échoue, mais n’en sort que plusdéterminée à entrer au lycée pour ne pas décevoir ses parents. L’été passeentre travail aux champs et grande culpabilité. Fin août, Ma Yan retourne àl’internat, et entre cette fois-ci au collège.

            Le 28 août, elle est choquée par lenombre d’élèves de sa classe (plus de 70) ; elle est désorientée. Lescours commencent, Ma Yan met du temps à s’adapter à cet univers inédit. Lestemps sont durs, Ma Yan et son frère doivent gérer, en plus de tout le reste,la « FAIM ». Le 30 septembre, Ma Yan avoue que suivre les coursdevient pour elle de plus en plus difficile : elle voit et entend de moinsen moins bien. Ses études en pâtissent, et ses relations familiales également.

            Contrairement aux professeurs del’école primaire, les professeurs du collège sont relativement sympathiquesavec les élèves, et les élèves le leur rendent bien. Il n’est plus question dechef de matière, il n’est plus question de battre ou de se faire battre pourdes devoirs qu’on n’a pas eu le temps de faire.

Le 10 octobre, Ma Yan rapporte une anecdote significative : unélève dit au professeur de politique qu’il aimerait qu’il soit le soleil – etnon, comme le veut la comparaison chinoise traditionnelle, une bougie, qui seconsume pour offrir sa lumière aux autres : « Si vous êtes le soleil,vous pouvez nous donner des cours tous les jours ». On ne peut pas formulerde plus grande marque de respect.

            Mercredi 17 octobre, à nouveau, laviolence est au rendez-vous. Le professeur d’anglais s’acharne sur ses élèves,les frappe avec des pieds de chaise. Ma Yan n’en est pas la victime, car elleest bonne en anglais. Cependant, elle commence à sentir qu’il y a quelque chosede malsain dans le fait de punir corporellement un élève pour qu’il apprennemieux.

Jeudi 18, on cerne un peu mieux ce qui fait que les professeurs sontaussi tendus : ils reçoivent des amendes quand leurs élèves ne sont pasbons.

            Les examens de mi-semestre arrivent.Ma Yan est heureuse car elle va enfin pouvoir montrer ce dont elle est capable.Le 3 novembre, les résultats tombent : Ma Yan est la première de toutesles classes. Le 5 novembre, les résultats sont mis à jour : Ma Yan est enfait deuxième ; son bonheur n’en est pas moins complet. Les professeurs lafélicitent publiquement, et la donnent comme exemple à la classe.

            Le journal s’arrête abruptement surune scène de foire, pendant le ramadan. Ma Yan est contrainte, par respect desrites, de dépenser l’argent qu’elle avait conservé pour s’acheter un cahier.

 

Est ajouté au volume une partie appelée « La suite del’histoire », où l’on apprend que Ma Yan, en dépit des difficultés, aréussi à avoir une éducation digne de ce nom.

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