Le journal de Ma Yan

par

La volonté d’étudier.

La première phrase de Ma Yan a le mérite d’être simple et claire : « Je veux étudier ». Tout au long du livre, elle exprime ce désir, afin d’avoir un meilleur avenir que celui de ses parents qui font partie des populations les plus pauvres, afin sortir de la ruralité et trouver un emploi moins rude, plus gratifiant et plus intéressant aussi. C’est un cri de révolte à l’attention de tous les dirigeants, notamment à ceux de son pays.

 

Ma Yan explique ses sacrifices ou ceux de ses parents, sacrifices qui lui ont permis jusque-là d’étudier. Elle ne s’en plaint jamais, considérant l’apprentissage comme une chance, ne perdant jamais l’envie et l’amour de la culture.

 

Le lecteur se rend compte de la misère dans laquelle les paysans chinois vivent mais surtout les inégalités criantes entre les garçons, qui peuvent continuer à aller à l’école gratuitement, et les filles qui «  sont les premières victimes de la sélection par l’argent ». Elle devra cultiver la terre, pour que ses deux petits frères puissent continuer à étudier : « Maman insiste : ‘Tes frères et toi, vous êtes trois à aller à l’école. Seul votre père travaille au loin. Ça ne suffit pas.’ Je lui demande, avec l’angoisse au cœur : ‘Est-ce que ça signifie que je dois rentrer à la maison ?’ ‘Oui’, me répond-elle. ‘Et mes deux frères ?’ ‘Tes deux frères peuvent continuer leurs études.’ Je m’insurge : ‘Pourquoi les garçons peuvent-ils étudier et pas les filles ?’ Elle a un sourire fatiguée : ‘Tu es encore petite… Quand tu seras grande, tu comprendras.’ »

 

Ma Yan est consciente que pour sortir de sa condition, sortir de la misère et aussi s’émanciper en tant que femme autonome, il lui faut faire des études. Elle insiste sur la nécessité d’apprendre : « même un paysan a besoin de connaissances pour cultiver sa terre, sinon il n’obtient pas de récoltes ». Cela révèle sa maturité et son réalisme, montrant que le fait d’étudier peut autant servir pour les métiers intellectuels que manuels.

 

A l’école, elle travaille bien. Son récit est étoffé de nombreuses anecdotes : « Aujourd’hui, au cours de chinois, le professeur nous demande d’écrire une rédaction sur le thème : Je suis au collège. Il en profite pour nous expliquer la différence entre la classe lente et la classe rapide. Les mauvais élèves de la classe rapide seront rétrogradés dans la classe lente, et le professeur aura une amende. C’est pourquoi il veut que nous étudiions bien, pour rapporter des honneurs à notre classe. Il s’arrête enfin et nous demande d’écrire. J’ai fini ma rédaction en quelques minutes. Tous mes camarades sont surpris: ‘Nous passons deux ou trois jours à réfléchir sur une seule rédaction et toi …’ Le professeur affirme que ce n’est pas encore assez rapide: ‘Il faut faire comme Ye Shengtao, conjuguer vitesse et talent.’ Les camarades se moquent: ‘Ye Shengtao est le premier talent sous le ciel, Ma Yan est le deuxième.’ Tout le monde se met à rire. »  La reconnaissance et le respect de ses professeurs et de ses camarades prouvent qu’elle excelle en cours et qu’elle est douée : elle tient toujours à être la première de la classe.

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