Le journal de Ma Yan

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Première partie

Ma Yan a 13 ans,elle est dans une classe équivalant au CM2. Elle a commencé l’école à 8 ans,c’est-à-dire avec un an de retard sur la norme chinoise. Elle a d’abord étudiédans son petit village de province, mais elle va maintenant dans une école unpeu plus importante, à vingt kilomètres de chez elle. Elle est interne etrentre le weekend chez elle à pieds.

            Samedi 2 septembre, c’est lapremière journée de classe. Ma Yan fait connaissance avec ses professeurs, quiparaissent plutôt froids (ce qui ne choque pas Ma Yan). La journée se clôt parune séance de ménage des dortoirs.

Dimanche 3 septembre, ses parents passent voir Ma Yan à l’école.

Lundi 4, Ma Yan a son premier cours de gymnastique. Le professeurprocède d’une manière assez surprenante : il montre un exercice, l’élèvedoit le reproduire, et s’il n’y arrive pas, il doit sortir du rang et chanterou danser. À ceux qui réussissent, le professeur dit : « Ceux qui ontbien appris peuvent retourner en classe. »

Mardi 5, premier cours de musique. Le professeur est une femme (c’estla seule femme enseignante parmi les professeurs de Ma Yan).

Mercredi 6, exercice de chinois. Deux élèves se chamaillent pour uncrayon. Chose habituelle en Chine : le professeur les sépare en lesbattant. Ma Yan est satisfaite : « ces deux-là sont les plus méchantsde la classe ».

Jeudi 7, on en apprend davantage sur l’école chinoise : d’unepart, l’école n’a aucune bibliothèque ni outil pédagogique pour ses élèves (MaYan est démunie car elle est censée se servir d’un dictionnaire mais son pèren’a pas pu lui en acheter un) ; d’autre part, les élèves sont trèscompétitifs (une camarade de Ma Yan refuse de lui montrer ce qu’elle n’a pas punoter).

            Le week-end arrive. Ma Yan peutrentrer chez elle. Il ne s’y passe rien de significatif, Ma Yan se contente desavourer le peu de temps dont elle dispose avec sa famille. Sa mère luirappelle, avant qu’elle reprenne la route, qu’elle doit avoir de très bonnesnotes, afin que tous les efforts que la famille fait pour qu’elle puisse allerà l’école ne soient pas vains. Les jours suivants, Ma Yan prend conscience de sapauvreté en sortant avec des enfants riches qui grignotent en permanence, et ellese rend compte que sa mère se prive de médicaments et de nourriture pour que safille puisse avoir une vie décente.

            Jeudi 14 septembre, Ma Yan est« chef de maths » – c’est en quelque sorte l’équivalent du délégué declasse en France, excepté qu’il y a, en Chine, un délégué par matière.

            À nouveau, c’est le weekend. Ma Yanexplique que sur la route qui la mène jusqu’à chez parents, des voleursviolentent les élèves pour avoir de l’argent, de la nourriture ou desfournitures scolaires.

             Lundi 18 septembre, le petit frère de Ma Yanse fait injustement frapper par le chef de gymnastique. Elle rêve d’êtrepolicière. Toute la semaine est ponctuée par les punitions des professeurs, quiparaissent cruelles à nos yeux occidentaux, mais justes aux yeux de la plupartdes élèves (dont Ma Yan).

            Le weekend est particulièrementdifficile car Ma Yan doit concilier devoirs et travaux agraires, sa mère neparvenant pas cette fois-ci à tout gérer seule.

            La vie de Ma Yan se poursuitlinéairement et répétitivement durant toute la première partie : chaquejour elle doit lutter entre la pauvreté et la nécessité d’être la meilleuredans son école exigeante, entre sa naïveté d’enfant et la cruauté du monde.Mais toutes ces épreuves, qui pourraient la décourager, ne font que renforcersa détermination.

            À la mi-novembre, les examens demi-semestre arrivent. Ils se passent mal. Le 22 novembre, Ma Yan chante devantses camarades, et on lui dit qu’elle chante bien. Elle se résout à avoirdavantage confiance en elle désormais. Le 28 novembre, le professeur principaldonne les résultats des examens, et humilie ceux parmi les internes qui,d’après lui, bénéficient de beaucoup plus de confort qu’ils n’en méritent. MaYan est honteuse, et se promet intérieurement de faire mieux aux examens de finde semestre.

            Ma Yan est musulmane, c’est une Hui.Elle observe comme il se doit le jeûne du ramadan. Sa famille n’est pas trèsreligieuse, mais vit dans le respect des traditions. Le 12 décembre, Ma Yanparvient à avoir une bonne note en musique, et le 23 décembre, à réussir sontest d’histoire, sans regarder son livre de cours. 

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