Le Mariage de Figaro

par

Une comédie ambigüe

Le Mariage de Figaro est une comédie ambiguë parce qu’elle mêle des éléments de la comédie gaie et du drame. On retrouve premièrement de nombreux éléments comiques, tels que :

  • Le comique de mots : on peut trouver un grand nombre de jeux de mots comme par exemple pendant le procès (acte III, scène 15) où la répétition excessive de « ET » et « OU » rend le procès et la scène ridicule.
  • Le comique de situation : une des scènes les adaptées est celle où Suzanne discute avec Chérubin (Acte 1, scène 8) dans sa chambre quand tout à coup le Comte entre. Chérubin se cache derrière le fauteuil. Puis, l’arrivée elle aussi inattendue de Basile amène le Comte à se cacher derrière le fauteuil pendant que, au même moment, Chérubin se réfugie sur le fauteuil. Alors, le Comte ignore la présence de Chérubin et Basile ignore la présence des deux autres personnages cachés.
  • Le comique de caractère : il apparaît quand on observe un écart entre le personnage, son rôle et la situation. Par exemple, Brid’oison est ridicule en tant que juge puisqu’il est incompétent. Prenons un autre exemple, Figaro qui se contredit à cause de sa jalousie. A l’acte IV, scène 12 il dit à sa mère qu’il pardonnera Suzanne de le tromper si cela devait arriver. Or, dès le début de l’acte suivant il se désole que cela lui arrive, sa jalousie l’emporte.
  • le comique de geste : les révérences entre Suzanne et Marceline à la scène 4 de l’acte I sous-entendent fortement que les dames ne s’apprécient pas ou encore lorsque Figaro reçoit le soufflet que le Comte voulait donner à Chérubin à l’acte V, scène 6,…
  • Une sorte de mise en abyme de la comédie : cette situation est vérifiable à l’acte II, scène 19 lorsque le Comte découvrant Suzanne dans le cabinet déclare à sa femme : « vous jouez fort bien la comédie ». Alors qu’elle se remet à peine de ses émotions, elle va feindre de jouer la comédie et incarne l’épouse choquée et déçue du manque de confiance de son conjoint.
  • Les personnages sont pour la plupart des personnages joyeux et gais. Prenons simplement pour exemple les nombreuses discussions entre Suzanne et Figaro. Elles sont toujours pleines de gaieté.

Toutefois, la comédie apparaît sous bien des aspects aux portes du drame. Notons que beaucoup de péripéties font obstacle au mariage de Figaro et Suzanne. Parfois, la tension devient tellement importante que l’on voit mal comment l’issue pourrait être positive. Par exemple, à l’acte II, quand le Comte désire entrer dans la chambre de sa femme, cette visite inattendue provoque une situation angoissante et compliquée. La Comtesse décide même de tout avouer. Notons également que le long monologue de Figaro à l’acte V scène 3 a un contenu pathétique qui correspond peu à une comédie mais plutôt à une tragédie antique. Enfin, la pièce de Beaumarchais étudie beaucoup plus les conditions sociales et morales des personnages que leur caractère.

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