Le Mariage de Figaro

par

Une critique de la société

A travers la pièce, la société est critiquée sous divers angles. D’abord, on assiste à une critique des privilèges. En effet, le Comte use, abuse de son autorité pour pouvoir séduire Suzanne. Si elle refuse d’être sa maîtresse, il refusera qu’elle se marie avec Figaro. Or, cette domination est remise en cause non seulement par Suzanne mais aussi par la Comtesse qui est l’égale du Comte. Figaro exprime également cette oppression, il la dénonce. A l’acte V, scène 3, lors de son long monologue, il dénonce le privilège que donne la naissance : « Vous vous êtes donnés la peine de naitre, et rien de plus ». Beaumarchais montre de plus que l’intelligence et l’appartenance sociale n’ont aucun lien, que l’un ne dépend pas de l’autre. Etre noble c’est détenir le pouvoir, être supérieur mais sans forcément le mériter. Le comte n’est « qu’un » noble alors que Figaro a du, pour s’en sortir, exercer un grand nombre de métiers qu’il évoque dans ce même monologue.

On pourrait également dire que Beaumarchais condamne le libertinage puisque toute la pièce est en désordre à cause de cela. Le valet est obligé de désobéir à son maître, la Comtesse se ligue contre son mari pour le prendre en flagrant délit et s’allie avec Suzanne ; elle se moque publiquement de lui lorsqu’elle prend l’habit de Suzanne dans le dernier acte. Tous protègent le petit Chérubin alors que le maître veut le bannir,… Ce n’est qu’à la fin de la pièce, lorsque le Comte est obligé de faire des excuses « publiques », devant tout redevient normal. Ainsi, la pièce condamne le comportement frivole du Comte.

On peut ensuite voir une satire de la justice. En effet, la scène du procès (qui est attendue dès le premier acte puisque Marceline veut épouser Figaro et donc empêcher le mariage avec Suzanne) devient ridicule à cause de la preuve qui semblait être accablante et qui est balayée par un simple mot que l’on ne peut définir « ou » ou « et ». De plus, le juge Brid’oison est incompétent, il bégaie ce qui convient mal à sa fonction puisqu’elle demande une certaine éloquence.

Enfin, Beaumarchais met en scène la situation de la femme au XVIIIe siècle. La Comtesse, femme mariée, est dépendante de son mari. A ce titre elle ne peut que constater le libertinage du Comte sans pourvoir rien y faire. Suzanne est obligée de céder aux avances de son maître si elle veut pouvoir se marier avec Figaro,… Le respect de la femme en général pose problème. La Comtesse veut retrouver son honneur, Marceline veut que Bartholo répare son erreur (c’est-à-dire qu’elle ne soit plus la maîtresse mais une épouse), Suzanne veut épouser Figaro sans être obligée de céder au chantage du maître,…

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