Le Montespan

par

Louis XIV

Roi de France et de Navarre, monarque absolu, LouisXIV jette son dévolu sur Françoise Athénaïs de Maintenon, dont il fait safavorite officielle. Jean Teulé décrit de façon très crue les pratiques sexuellesqu’il impose à la jeune femme, pratiques dignes d’une maison close et peu àleur place dans le palais d’un souverain de droit divin. Au-delà de laséduction que donne le pouvoir, qu’a-t-il donc de si attitrant ?Louis-Henri le voit ainsi : « Montespan le savait peu grand mais pasà ce point-là. Il est de très petite taille qu’il tente de compenser par uneraideur. Les pieds chaussés dans des souliers à talons hauts, une finemoustache barre son visage. » Quant à Françoise Athénaïs, elle lui trouveun « charme exotique ».

Dans le roman, son attitude envers le marquisde Montespan est celle d’un despote qui non content de voler la femme d’autrui,humilie le mari bafoué, alors doublement victime de l’arbitraire royal. JeanTeulé choisit de présenter Louis XIV comme un homme petit, physiquement etmoralement, prenant ainsi le contrepied de l’image traditionnelle duRoi-Soleil, dominant la France et l’Europe de son temps. Souverain au règneexceptionnel par sa longueur – soixante-douze ans – et son éclat, le lecteur duroman le voit comme un être lointain, froid, à l’hygiène personnelleinexistante : « Le roi, lui, ne s’est baigné qu’une fois dans sa vie.Chaque matin, son premier valet de chambre dépose quelques gouttes d’esprit devin sur les mains de Sa Majesté. Son grand chambellan présente le bénitier :il se signe, il est lavé. » (On notera cependant que personne ne se lavaitjamais à la cour). Jean Teulé s’éloigne de l’iconographie habituelle et livreun portrait négatif du roi.

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