Le Montespan

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Résumé détaillé

Le roman commence quand le marquis de Noirmoutier tue un rival en duel alors que le roi Louis XIV essaie de mettre fin à ce genre d’exécutions sommaires. Le marquis de Noirmoutier est contraint de s’exiler ; s’il revient dans le royaume, la justice le condamnera à la peine capitale. La femme avec qui il devait se marier, très belle, se retrouve seule. Par hasard, elle rencontre le marquis de Montespan qui tombe immédiatement sous son charme. Tous deux se rapprochent rapidement et se marient.

         Le temps passe. Les jeunes mariés s’aiment. Ils sont heureux. On découvre leur foyer pas très riche mais bienheureux, leurs jeux d’amoureux, leur sexualité joyeuse…

         Le temps passe encore. La Montespan se plaît dans la vie mondaine et veut désormais qu’on l’appelle Athénaïs, prénom à la mode. Le Montespan, qui n’en peut plus de crouler sous les dettes, décide de partir à la guerre en espérant s’attirer par un fait d’armes glorieux les faveurs du roi.

         Le Montespan emprunte 13 000 livres pour partir en guerre. Il s’engage dans une bataille, mais les ennemis capitulent avant qu’il n’ait pu faire quoi que ce soit. Il rentre donc chez lui, dépité, et découvre qu’Athénaïs est enceinte.

         Marie-Christine, leur fille, naît. Le Montespan constate qu’en son absence son épouse s’est totalement intégrée à la Cour et connaît de nombreux petits secrets mondains. Comme les créanciers insistent plus que jamais, le Montespan fait le choix de repartir en guerre.

         Cette fois-ci, il a le temps d’entrer dans la bataille. Il accomplit même quelques prouesses. Malheureusement, les témoins se font tuer. C’est la débâcle. Il rentre, blessé.

         À son retour, Athénaïs a accouché d’un deuxième enfant, un garçon cette fois, Louis-Antoine. Athénaïs n’a pas sa gaieté habituelle. Il s’inquiète. Elle finit par révéler ce qui ne va pas : elle a pris le goût du luxe en fréquentant Versailles et ne supporte plus sa vie miséreuse. Le Montespan, pour la consoler un instant, gaspille ses derniers sous et l’emmène jouer, boire, s’amuser chez les Montausier.

         Le Montespan voit alors sa femme se transformer du tout au tout. De la femme au foyer dépressive, elle devient une parfaite mondaine, lançant des piques spirituelles que tout le monde savoure. Le Montausier apprend au couple que le roi lui-même trouve madame de Montespan à son goût et qu’on lui propose de devenir dame d’honneur de la reine, une fonction très bien payée et très prestigieuse.

         Athénaïs, alors, se sent mieux. Elle joue avec ses enfants, fait des grimaces à Marie-Christine. Le Montespan, cependant, ne veut pas se servir de ce piston pour s’intégrer à la Cour ; il repartira à la guerre, avec pour tout budget le dernier bijou de sa femme.

         Chez eux, les Montespan commencent à manger des plats plus raffinés qu’à l’accoutumée. Athénaïs est de moins en moins présente et le roi la suit de près, charmé, et fait des cadeaux à la famille : il leur reverse un impôt, offre un régiment à monsieur, un collier de perles à madame…

         Athénaïs, un jour, revient chez elle paniquée. Elle veut partir de Paris. Montespan refuse car il pense que la vie provinciale ne saurait la satisfaire. Plus tard, Athénaïs revient à l’assaut et explique qu’elle souhaite fuir car le roi est amoureux d’elle. Elle essaie de se refuser à lui, mais cette situation l’écrase et la fait culpabiliser.

         Le Montespan part pour la guerre en grandes pompes. Sa bataille est un massacre, toute sa troupe meurt, il en sort boiteux. Si le conflit se règle, ce n’est pas par ses talents militaires, mais parce que le roi, parallèlement a négocié. Le Montespan peut rentrer chez lui.

         Un an à peu près après son départ, le Montespan arrive chez lui. Athénaïs est enceinte ! Elle lui explique que victime de la pression, elle a cédé aux avances du roi. Le Montespan veut se venger.

         Le Montespan se rend chez les Montausier et fait un scandale. Les Montausier sont surpris du fait qu’il aime encore sa femme après quatre ans de vie conjugale. Le père d’Athénaïs est très heureux de cette situation car il y gagne beaucoup d’argent. Tout le monde, en fait, l’incite à se taire : « être cocu, c’est la chance de votre vie. »

         Le Montespan assiste à une mise en scène d’Amphitryon de Molière, qui a écrit cette pièce spécialement pour se moquer de lui ; cette scène cruelle marque le début des moqueries dont le personnage éponyme sera victime jusqu’à la fin du roman.

         Enragé, le Montespan continue sa croisade : il veut récupérer sa femme, que le roi garde auprès de lui. Alcoolique et dépressif, le Montespan s’enferme pendant des semaines dans une maison close. Il couche avec les prostituées les plus malsaines du royaume. À la fin de ce séjour, il semble avoir un projet et achète la robe d’une grosse prostituée flamande.

         Travesti, dissimulant son visage derrière un éventail, le Montespan s’introduit dans les appartements d’Athénaïs. Il veut lui faire l’amour pour lui transmettre toutes les infections qu’il a, en espérant que ces infections dissuaderont le roi de lui voler sa femme. Dément, le Montespan s’en prend à la Montausier qui se trouve là et menace de la violer. Il fuit car les gardes arrivent.

         Après cet évènement, la situation du Montespan s’aggrave, et il reste cloîtré dans sa maison close fétiche. Au bout d’un moment, le Montespan décide de rentrer dans son château de province. Dans les rues, il arbore, par provocation, des habits noirs – « Sire, je porte le deuil de mon amour » – et des cornes sur son blason. Une lettre de cachet le condamne à l’emprisonnement.

         En prison, il fait la connaissance d’un accoucheur qui lui apprend qu’il a des droits sur le bâtard qu’a conçu le roi avec sa femme. Quand il sort de prison, le roi le force à l’exil. Montespan est de plus en plus seul, ses domestiques ont quitté sa maison. Avant de partir, il veut récupérer le bâtard.

         Il arrive dans la chambre du bâtard et découvre que l’enfant est monstrueux, hydrocéphale. Il ne le prend pas car il ne veut pas qu’on pense que cette chose vient de lui. Malgré tout, il écrit, en référence à Amphitryon, HERCULE sur le front de l’enfant.

         Le Montespan part avec Louis-Antoine ; le chemin est laborieux, la voiture, de mauvaise qualité, s’embourbe, les réparations sont longues et coûteuses. Louis-Antoine se révèle être un fils odieux, orgueilleux et méprisant. Le Montespan se réfugie dans l’abus d’alcool et de nourriture.

         Quand il revient dans son vieux château, il se rend compte avec plaisir que Marie-Christine et ses domestiques l’y attendent. Marie-Christine souffre de ne plus voir sa mère. Le Montespan lui aussi souffre ; il est toujours fou amoureux. Il force, par exemple, un domestique à revêtir la robe de mariée d’Athénaïs et va, en plein délire, jusqu’à lui faire l’amour.

         Dans ce vaste cauchemar, le Montespan trouve un allié solide en son oncle, prêcheur important qui condamne les actions vicieuses du roi. Le roi, qui sent que le vent tourne, veut que le Montespan arrête ses manifestations de haine ; il lui demande son prix. Montespan refuse l’offre. Malgré tout, il obtient des nouvelles de sa femme : elle est devenue la reine de France officieuse et son ego a triplé de taille.

         Le Montespan fait faire un portrait de lui et l’envoie à Athénaïs. Il souhaite qu’elle l’accroche dans ses appartements, car il l’aime toujours et veut rester présent dans sa vie.

         Plus tard, on accuse à tort le Montespan de viol et de vice. On interroge alors ses domestiques, lesquels avouent qu’il a fait des choses malsaines avec l’un d’eux et qu’il a vécu un long moment avec des prostituées. Tous les gens qui étaient dans le camp de Montespan, à ce moment, changent d’avis et se rangent du côté du roi. Accablé, il part pour Madrid avec Louis-Antoine.

         Le Montespan, durant son année en Espagne, reprend du poil de la bête. Il est très bien accueilli partout où il va. À son retour en France, ses gens le reçoivent chaleureusement. Très vite, sa mère meurt. Un an plus tard, c’est au tour de Marie-Christine de mourir. Il reproduit les grimaces d’Athénaïs pour l’amuser une dernière fois alors qu’elle agonise.

         De retour à Paris, Montespan observe le roi et sa femme à la longue-vue et surprend une scène parmi les plus cocasses du roman. Athénaïs octroie une fellation à Louis XIV, qui a enroulé un collier de perles à la base de son membre ; une fois la chose terminée, le sexe en érection se détend et le collier tombe dans les mains d’Athénaïs. Le Montespan constate que sa femme a grossi, effet de la gourmandise et de neuf grossesses. Il apprend un peu plus tard qu’Athénaïs n’est pas heureuse et qu’elle multiplie les caprices pour essayer de combler le vide qu’elle ressent. Le roi veut lui donner un duché et demande l’avis de Montespan, qui l’envoie balader.

         On réclame alors au Montespan la dot d’Athénaïs, qu’il n’a jamais reçu. Retrouvant la colère du début, et affermi dans ses convictions par sa connaissance de la tristesse d’Athénaïs, il débarque à Versailles. Il multiplie les provocations, notamment en s’amusant avec les multiples bâtards du roi. Son plan est le suivant : il souhaite coucher avec la reine, comme le roi a couché avec sa femme. Seulement, quand il arrive dans la chambre de la reine, son ambition est coupée car la reine est très laide. Le roi envoie quatre soldats à ses trousses mais le Montespan réussit à s’enfuir.

         Sentant qu’une épée de Damoclès plane au-dessus de sa tête, le Montespan fait rédiger son testament et lègue ses biens aux maîtresses du roi, sauf à Athénaïs. Tout le monde dans le royaume s’arrache les copies de ce document insolent. Louis XIV et Athénaïs se lassent l’un de l’autre et le roi commence à être agressif, ce que le Montespan n’accepte pas.

         Un an plus tard, le Montespan passe en revue les réparations qu’il a opérées dans son château de province. Il pense qu’Athénaïs va bientôt revenir et ne veut pas l’accueillir dans un taudis. Il apprend malheureusement qu’Athénaïs est impliquée dans une affaire de meurtre. Elle aurait empoisonné au cyanure une de ses rivales.

         Plus tard encore, un docteur annonce au Montespan qu’il n’a plus beaucoup de temps devant lui. Quand Athénaïs lui envoie une lettre pour savoir si elle peut revenir, il refuse. Athénaïs meurt et se fait enterrer dans le village où se trouve le château de province des Montespan. Le roman se ferme sur le Montespan visitant la tombe de sa femme et se réjouissant de la revoir.

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