Les Complaintes

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Présentation

Écrivain à l’existence brève (1860-1887), habité autant par le génie que par un puissant mal de vivre, Jules Laforgue aura illuminé la poésie à la fin du XIXème siècle. Le poète est inclassable ; héritier du romantisme, nihiliste ou fumiste, décadent ou symboliste, moderniste ou postmoderniste, les commentateurs littéraires restent perplexes. Néanmoins, une chose est sûre : il est l’un des inventeurs du vers libre.

Né en Uruguay en 1860, celui dont l’existence aura été une course désespérée vers une gloire qui ne vint véritablement qu’après son trépas a mis dans ses œuvres tout ce qu’il avait de rêves intérieurs mais aussi tout ce qu’il ressentait de lassitude face à l’existence. Il a usé du vers libre pour exprimer son terrible sentiment de l’éphémère en juxtaposant dans ses poèmes la réflexion métaphysique au réalisme du quotidien sur un ton à la fois tragique et comique. De sa centaine de poèmes répartis en plusieurs recueils, il n’est d’œuvre qui décrive mieux son monde intérieur que le recueil Les Complaintes publié en 1885.

L’œuvre est, à l’image de son créateur, inclassable et difficile à déchiffrer, notamment à cause de ses faux airs de littérature populaire et naïve. Tout au long du recueil, le poète traîne son sempiternel mal de vivre et trouve à se plaindre de tout. Il étale au grand jour ses émotions, ses rêveries, ainsi que son dégoût de la société et sa hantise face au grand tout universel. L’ensemble est délivré sur un ton tragique, pessimiste, teinté d’ironie amère qui reflète la nature profonde du poète : triste, railleuse, hantée par la maladie qui finit par éteindre sa flamme à...

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Dissertation à propos de Les Complaintes