Les Complaintes

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Laforgue : style et obsessions

L’écriture de Laforgue se distingue par la complexité extrême du style et le caractère composite de la langue utilisée. Un style qui dérange et qui choque volontiers les habitudes du lecteur confronté à un mélange d’expressions poétiques et à des thèmes très variés. N’a-t-il pas lui-même écrit à sa sœur : « Je possède ma langue d’une façon plus minutieuse, plus clownesque, j’écris de petits poèmes de fantaisie, n’ayant qu’un but : faire de l’original à tout prix. J’ai la ferme intention de publier un tout petit volume (jolie édition), luxe typographique, écrin digne de mes bijoux littéraires ! Titre : quelques complaintes de la vie… J’ai déjà une vingtaine de ces complaintes. Encore une douzaine et je porte mon manuscrit je ne sais où… » (Correspondance générale, t. II, 1.65. Lettre du 10 mai 1883).

Le terme « fantaisie », par lequel les commentateurs qualifient le mélange de tons et de styles du poète, est utilisé par Laforgue lui-même, parlant de son expression poétique et s’adressant à Mère Nature dans l’une des complaintes qui ouvrent le recueil : « Si tu savais ! les fantaisies ! / Dont Je puis être le ferment ! / Tu ferais de moi ton Sosie, / Tout simplement. » (« Complainte-Placet de Faust fils »). Toutefois, l’écriture de Laforgue, aussi déroutante soit-elle, révèle ses secrets pour le lecteur averti, armé d’une large connaissance de la langue française et de l’histoire littéraire.

 

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