Les Fleurs bleues

par

Raymond Queneau

Raymond Queneau est un écrivain français né au Havre en 1903 de parents merciers. C’est un lycéen brillant qui excelle dans toutes les matières. Il obtient une licence de philosophie à la Sorbonne mais se passionne aussi pour les mathématiques – ainsi que les échecs, le cinéma et le billard. À vingt-et-un ans, il rejoint les surréalistes et fréquente le plus souvent le groupe de la rue du Château, où se réunissent Yves Tanguy et Jacques Prévert notamment. À partir de 1928, il est employé de banque. En 1929, il rompt avec André Breton pour des raisons uniquement personnelles dira-t-il.

De retour d’un voyage en Grèce Queneau fait paraître son premier roman en 1933. Le Chiendent constitue une première tentative d’« écrire comme on parle » et son intrigue, quelque peu loufoque, difficile à résumer, héritage du passage de l’écrivain chez les surréalistes, recèle des significations nombreuses. L’auteur se distingue cependant des surréalistes en soignant sa construction romanesque et en portant une attention méthodique au langage. Les personnages, qui apparaissent flous au départ, éparpillés dans la banlieue parisienne, se trouvent réunis par une série d’incidents autour d’une mystérieuse porte, possession d’un brocanteur sordide qui refuse de s’en séparer. Avec lui le personnage principal est la sage-femme Mme Cloche, qui part en quête d’un trésor qui s’avère illusoire. Le roman est aussi le lieu d’une guerre avec les Étrusques. Si Mme Cloche devient reine, elle n’est pas à l’abri de poursuivre à nouveau une quête vaine et tout semble recommencer. Les événements eux-mêmes importent peut-être moins que la structure de l’ouvrage, savamment construit au fil de sept chapitres de treize sections chacun, donc 91 en tout, ce nombre était la somme des treize premiers nombres et les chiffres qui le constituent additionnés égalant 1. Queneau voit donc en lui le nombre de la mort des êtres et de leur retour à l’existence, représentant « la perpétuité irrésoluble du malheur sans espoir » comme il le dit lui-même dans son essai Bâtons, chiffres et lettres (1950). La structure du livre, circulaire, repose sur un jeu de rimes entre les personnages et leurs situations. C’est la même silhouette d’homme qui ouvre et clôt le livre, lequel a été décrit par l’auteur comme une transposition en français moderne du Discours de la méthode de Descartes, impliquant donc un renouvellement de la langue. Alors que paraît ce premier roman Queneau prend des cours de philosophie à l’École des Hautes Études auprès d’Henri-Charles Puech et d’Arthur Kojève. En 1934 commence une trilogie avec Gueule de Pierre qui sera continuée par Les Temps mêlés en 1941 et Saint Glinglin en 1948, autour de la ville natale mythifiée de l’auteur et d’éléments de psychanalyse et de pataphysique. Les trois ouvrages qui paraissent en 1936-37 – Les Derniers jours, Chêne et Chien et Odile – ont une forte teneur autobiographique qui contraste avec le tempérament d’un écrivain par ailleurs discret. Il y rapporte notamment l’histoire de son...

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