Les Fleurs bleues

par

Un dénouement inattendu

Les rêves cessent lorsque Cidrolin est rejoint par Auge, qui le sort de son apathie, bouleverse son quotidien. Démasquant d'abord la mascarade des graffitis, il va l'obliger à choisir de sortir de l'histoire cyclique pour trouver l'amour et laisser ses hantises – personnelles et historiques – prendre le large, à bord de la péniche. Les fantômes du passé semblent construire une personnalité et la faire évoluer afin de lui insuffler la volonté nécessaire pour se lancer dans l'action. Cidrolin se voit obligé de partir, les figures fantomatiques se multipliant dans son monde et coupant les amarres qui retenaient la péniche sur les bords d'une existence monotone. À la péniche – embarcation assez sédentaire – se substitue alors la barque, que manœuvre désormais un Cidrolin maître de sa vie, actif et amoureux.

         Queneau semble donc, par son roman, s'échapper des contraintes de l'Histoire en renversant les déterminismes qui accablent les hommes par une écriture heureuse et explosive. Pourtant, la fin des Fleurs bleues, faisant écho à la noirceur d'Une histoire modèle, complexifie cet optimisme apparent. En effet, la structure cyclique du roman semble aller dans le sens de la vision pessimiste de l'essai : Auge renoue, dans les dernières pages, avec sa situation de départ. La scène n'est pas la seule à provoquer un sentiment de déjà-vu chez le lecteur, les termes se font écho et l'allusion aux fleurs bleues...

Inscrivez-vous pour continuer à lire Un dénouement inattendu >

Dissertation à propos de Les Fleurs bleues