Les Fleurs bleues

par

Un style propre à Queneau

Queneau est mu par un projet esthétique et linguistique complet : il veut intégrer dans la langue littéraire et écrite le parler populaire, la syntaxe commune et le vocabulaire de la rue. Ses romans sont donc des champs d'expérimentation où il peut mettre en pratique ce qu'il prône dans ses essais.          Festival de néologismes, de mots d’argot et de jeux de mots, les récits de cet auteur déplacent souvent l'intérêt vers le traitement imagé et imaginatif de la langue.

         Dans Les Fleurs bleues, Queneau fait un usage particulier de ces jeux de mots et néologismes : il fait cohabiter, dans les discours des personnages, des termes de tous les siècles et de tous les registres. Auge parle au XIIIe siècle de « colonies », faisant référence à une réalité du XVIe siècle, de « coyons » mot qui est seulement attesté dès 1592, et de « carmagnole » au XVIe siècle, alors que ce terme désigne une réalité révolutionnaire. La présence de personnages qui voyagent dans différentes temporalités légitime ce mélange de termes anachroniques, faisant du roman un espace de rencontre entre des mots qui jamais ne se sont côtoyés jusqu'alors : l'argot des années 1960 cohabite ainsi étonnamment avec le plus-que-parfait du subjonctif.

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Dissertation à propos de Les Fleurs bleues