Les fleurs du mal

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Résumé

Les Fleurs du mal sont un recueil poétique écrit par Charles Baudelaire et publié à Paris en 1857. L’édition définitive du recueil présente une division en six sections précédées d’un poème préliminaire intitulé « Au Lecteur ». Dans ce poème où il s’adresse à son « frère » le lecteur, Baudelaire décrit une humanité réunie face à « la sottise, l’erreur, le péché », prise dans les tourments imposés par Satan et partageant les mêmes maux nés de la misère et de l’Ennui, « ce monstre délicat ».

 

« Spleen et Idéal »

 

La première section du recueil, composée de 85 poèmes, offre l’image d’un poète déchiré entre un idéal pur et un ennui quotidien profond nommé « spleen ».

Le poème intitulé « L’Albatros » examine la situation paradoxale du poète en le comparant à l’albatros, oiseau majestueux et « prince des nuées » qui symbolise l’élévation mais qui, une fois capturé, apparaît « exilé sur le sol » car « ses ailes de géant l’empêchent de marcher ».

Le poème intitulé « Élévation » traduit une envie d’évasion loin des « vastes chagrins » et de l’existence « brumeuse ».

Dans « Correspondances », Baudelaire déchiffre le monde sensible en s’intéressant à l’association des sens, comme le souligne son évocation des parfums, des couleurs et des sons qui « se répondent ». Alliant pureté et sensualité, les parfums, tantôt « doux » et « verts », tantôt « corrompus, riches et triomphants », transportent l’esprit et les sens vers l’infini.

Dans le poème intitulé « L’Ennemi », Baudelaire présente la création poétique comme un moyen de lutte contre le temps, cet « obscur Ennemi qui nous ronge le cœur ».

Dans « La Vie antérieure », il se remémore un univers de désirs où « les voluptés calmes » font écho au « secret douloureux » de l’existence.

Dans « La Beauté », Baudelaire donne la voix à la Beauté qui déchire les mortels et, tel « un sphinx incompris », hante les nuits des poètes et torture leurs inspirations.

« Parfum exotique » reprend la thématique des sens et présente l’âme du poète comme le lieu où se mêlent les sensations, comme quand « le parfum des verts tamariniers » épouse l’image « des rivages heureux » et le goût « des fruits savoureux » dans ce qui s’apparente à une véritable fête des sens.

« La Chevelure » s’intéresse à la figure baroque de la belle Maure, associée au thème en vogue de l’Orient et de l’exotisme, séduisant le poète et emportant sa « tête amoureuse d’ivresse » vers un monde de volupté et de plaisir.

Dans « Sed non satiata », la femme est une déesse célébrée à travers son parfum « mélangé de musc et de havane ».

Le poème « Le Chat » prolonge l’expérience des sens à travers le « plaisir de palper » le corps de l’animal.

Dans le poème « Tout entière », la femme devient une figure angélique qui dissipe l’inquiétude du poète et adoucit ses peines, métamorphosant et associant ses sens dans une expérience enivrante et unique.

Dans « Harmonie du soir », le poète succombe à la fusion des sens et se trouve emporté par les sons et les parfums qui « tournent dans l’air du soir », créant ainsi une ambiance harmonieuse qui transcende sa souffrance.

Dans « Le Flacon », le parfum immatériel prend possession de la matière et devient un symbole de la mission du poète lui-même, donnant forme aux objets du monde.

Dans « L’Invitation au voyage », l’appel de la femme aimée se superpose à la représentation d’espaces séduisants et idylliques où « tout n’est qu’ordre et beauté ».

Le poème intitulé « À une dame créole » évoque le souvenir d’une femme « aux charmes ignorés » qui incarne la Muse du poète en faisant « germer mille sonnets » dans son cœur.

Dans « La Cloche fêlée », Baudelaire fait le portrait d’un poète à l’âme « fêlée », incapable d’accéder à l’Idéal et contraint à s’abandonner au spleen et à la mélancolie.

Le premier poème intitulé « Spleen » présente le sentiment de malaise et de mélancolie à travers des scènes symboliques où la pluie sur « les faubourgs brumeux » fait écho aux errances de l’âme du poète qui se déplace tel « un fantôme frileux » ou encore au jeu de cartes qui annonce le destin tragique et la fin de l’amour.

Le deuxième « Spleen » s’appuie sur une évocation mélancolique du passé et des ses objets qui traduit aussi bien le mal-être du poète que la possibilité d’un renouvellement porté par la maîtrise de la matière poétique.

Dans le troisième « Spleen », Baudelaire part de l’image d’un roi « riche, mais impuissant, jeune et pourtant très vieux » pour traduire toutes les contradictions qui habitent le poète et envahissent son âme.

Enfin, le quatrième « Spleen » expose une atmosphère pesante où les éléments de la nature et de la terre se lient pour enfermer l’homme dans un état de désespoir inexorable, ne lui laissant pour ultime issue que la mort et ses « longs corbillards », puisque l’Angoisse « atroce, despotique », a remplacé l’Espoir « vaincu ».

 

« Tableaux parisiens »

 

Composée de 18 poèmes, la deuxième section s’intéresse aux scènes de rue du Paris de la fin du XIXe siècle, faisant de l’aspect éphémère de la vie moderne une source poétique. L’espace de la ville offre au poète à la fois un miroir de son mal intérieur et une image magique de sa réalisation poétique.

Dans le premier poème, intitulé « Paysage », le poète cherche une forme d’harmonie avec la nature et ses composantes afin de transformer ses pensées en créations poétiques.

Dans « Le Soleil », le visage diurne de Paris est redéfini sous l’action du soleil qui, comme le poète, « ennoblit le sort des choses les plus viles ».

Dans « À une mendiante rousse », Baudelaire affirme sa fascination pour une mendiante dont il dévoile la beauté dissimulée derrière sa « maigre nudité ».

Dans le poème intitulé « Les Sept Vieillards » et dédié à Victor Hugo, Paris est une « fourmillante cité » où l’horreur et la méchanceté se rencontrent chez des vieillards symboliques et où le poète, traqué et terrorisé, risque de sombrer dans la folie.

Dans « À une passante », le poète fait d’une rencontre furtive dans « la rue assourdissante » un instant de renaissance intérieure, tout aussi enivrant que fugace.

Dans « Le Crépuscule du soir », le poète saisit le visage nocturne de Paris, dominé par un « soir charmant » en apparence mais qui laisse place à « des démons malsains », une prostitution qui « s’allume dans les rues » et des voleurs qui « n’ont ni trêve ni merci ».

Dans « Brumes et pluies », la succession des « blafardes » saisons crée une correspondance entre l’âme du poète et l’état de la nature.

Enfin, le dernier poème de la section, intitulé « Le Crépuscule du matin », décrit la ville à un moment précis, entre le jour et la nuit ; une suite de scènes réalistes dévoile une rencontre des contraires avant l’arrivée de l’aurore « grelottante en robe rose et verte ».

 

« Le Vin »

 

Composée de 5 poèmes, la troisième section présente le vin comme la première des grandes tentations de la chair, l’élément qui concentre les rêves de liberté et d’évasion vers le paradis des plaisirs interdits.

Dans le premier poème, intitulé « L’Âme du vin », la personnification de la boisson permet de la rapprocher à la fois de l’homme qu’elle séduit par « un chant plein de lumière et de fraternité » et du poète dont elle réveille l’inspiration.

Dans « Le Vin des chiffonniers », la boisson console les « gens moulus par le travail et tourmentés par l’âge » et leur offre le doux réconfort de l’ivresse.

« Le Vin du solitaire » associe le vin à l’état de solitude du poète qui trouve dans la boisson des « baumes pénétrants » et un symbole de « l’espoir, la jeunesse et la vie ».

 

« Fleurs du mal »

 

Composée de 9 poèmes, la quatrième section du recueil passe en revue d’autres vices et plaisirs de la chair, à l’image de la luxure, des richesses, du péché ou encore des amours interdites.

Dans « La Destruction », le poète doit affronter le Démon qui s’incarne souvent dans « la plus séduisante des femmes » pour l’entraîner dans les « plaines de l’Ennui », jugées « profondes et désertes ».

Le poème intitulé « Femmes damnées » offre le portrait paradoxal de femmes qui connaissent aussi bien la grandeur que la misère. Ces « pauvres sœurs » que le poète dit aimer autant que plaindre sont la représentation d’une dualité envoûtante et d’un enivrement unique.

Dans le poème intitulé « Les Deux Bonnes Sœurs », Baudelaire personnifie la Mort et la Débauche qu’il présente comme « deux aimables filles » qui n’en finissent pas de hanter ses pensées et son quotidien.

Dans « La Béatrice », le poète reconnaît la « reine » de son cœur parmi « un troupeau de démons vicieux », riant de son désespoir et de sa détresse. Enfin, dans « L’Amour et le Crâne », le poète personnifie l’Amour et y reconnaît le « monstre assassin » de l’Humanité qu’il s’amuse à torturer à la faveur d’un « jeu féroce et ridicule ».

 

« Révolte »

 

Composée de 3 poèmes, la cinquième section dépasse les tentations et les plaisirs charnels pour porter l’homme vers les imprécations et la célébration de Satan.

Le premier poème, intitulé « Le Reniement de Saint-Pierre », fait écho à l’épisode biblique du reniement de Jésus par son premier apôtre Pierre. Dieu est représenté comme  un despote, « un tyran gorgé de viande et de vins », jouissant des « sanglots des martyrs et des suppliciés ».

Dans « Abel et Caïn », Baudelaire retranscrit le mythe biblique des frères ennemis pour donner forme à une révolte contre Dieu qui finit jeté sur la terre par la race de Caïn.

Enfin, dans « Les Litanies de Satan », Baudelaire fait de Satan « le plus savant et le plus beau des Anges », l’interpelant sur la misère et demandant sa pitié au gré d’une longue prière douloureuse et décalée.

 

« La Mort »

 

Composée de 6 poèmes, la dernière section élève la mort au rang d’ultime tentation de l’homme, capable de le sauver des souffrances terrestres et de le consoler dans son désespoir.

Dans « La Mort des amants », l’amour se réalise dans la mort salvatrice et libératrice qui porte les amants vers une liaison spirituelle et idéalisée.

Le deuxième poème, intitulé « La Mort des pauvres », pousse la représentation au point de faire de la mort « le but de la vie » et « le seul espoir » pour des hommes démunis et livrés à eux-mêmes.

« La Mort des artistes » rappelle les tourments des artistes créateurs, condamnés à répéter sans cesse leur travail et à voir dans la mort, qui peut faire « s’épanouir les fleurs de leur cerveau », leur ultime espoir de création.

Enfin, le dernier poème, « Le Voyage », divisé en huit parties et dédié à Maxime Du Camp, se présente comme une invitation à un ultime cheminement à travers les thématiques du recueil. La mort apparaît comme porteuse de l’espoir de reconstruction d’un monde nouveau, au-delà du spleen, des vices et de la tentative de révolte, en même temps qu’est réaffirmé le pouvoir de la création poétique.

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