Les Justes

par

Qui se complexifie au fil des actes

En effet, deux personnages viennent nuancer l'opposition rigide qui semble se dresser entre terroristes et aristocrates : Dora et la Grande Duchesse Elisabeth. Les deux femmes viennent rappeler aux hommes leur vie d'homme, qu'ils oublient, absorbés par leurs idéaux politiques. Une réplique d'un des terroristes illustre leur fanatisme :

 

« Nous ne sommes pas de ce monde, nous sommes des justes. »

 

Dora, elle, adhère au début puis s'éloigne peu à peu de cet idéal : amoureuse de Kaliayev, elle finit par rejeter son sacrifice. Ce n'est pourtant pas une position faible, seulement guidée par les sentiments et l'amour, mais une position idéologique précise. En effet, elle refuse de sacrifier une vie pour la justice, et s'éloigne de la violence brutale du groupe terroriste. Elle pose une question fondamentale, qui existe au sein de chaque révolution : la violence des Grands doit-elle engendrer la violence ? Une vie humaine n'est-elle pas sacrée en elle-même ?

 

« Mais oui. S'il était gracié, quel triomphe ! Ce serait la preuve, n'est-ce pas, que la grande-duchesse a dit vrai, qu'il s'est repenti et qu'il a trahi. S'il meurt, au contraire, vous le croirez et vous pourrez l'aimer encore. (Elle les regarde.) Votre amour coûte cher ».

 

            La seconde à poser cette même question, et à éclairer les actes des Justes par là même, est la Grande Duchesse Elisabeth elle-même. Ayant perdu son mari, elle fait entrer sur scène la douleur et l'affliction, et se présente comme une figure de victime. Elle ne comprend pas l'engagement fanatique et idéal des terroristes, et relativise alors leur position même :...

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