Les Justes

par

Une philosophie d'après-guerre

Camus présente ici une philosophie marquée par son époque : la question de l'action est en effet extrêmement prégnante en ces années d'après-guerre, dans sa philosophie et dans celle de Sartre. En effet, la Seconde Guerre mondiale avait mis chaque homme dans une position difficile ; il fallait choisir entre agir ou subir, entre une vie dangereuse et une existence plus tranquille – si l'on peut être tranquille en temps de guerre – mais lâche. Un tel choix n'est pas évident, et Camus explore ici les significations de l'action, et la possibilité morale d'une telle action terroriste.

            Mais cette pièce s'inscrit aussi dans le contexte totalitaire de l'URSS : la révolution communiste de 1919, révolution violente et brutale, a conduit à un état totalitaire. Camus pose alors la question de la validité d'une telle action, puisque les révolutionnaires ont écarté leur route de la justice, pour finir par "organiser une police". Cette pièce met donc en jeu les valeurs attachées à l'action révolutionnaire et réfléchit sur la légitimité de tels actes – tant au niveau social qu'au niveau personnel.

           

« Oh Boria, je suis avec vous ! J’irai jusqu'au [195] bout. Je hais la tyrannie et je sais que nous ne pouvons faire autrement. Mais c'est avec un cœur joyeux que j'ai choisi cela et c'est d'un cœur triste que je m'y maintiens. Voilà la différence. Nous sommes des prisonniers ».

 

 

            Cette pièce de théâtre présente donc différents points de vue, et...

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Dissertation à propos de Les Justes