Les Justes

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Une intrigue simple et manichéenne...

Camus présente ici une intrigue des plus communes, qui oppose deux groupes – les terroristes et les aristocrates. Les premiers sont mus par un désir de justice, d'où leurs noms de Justes, alors que les seconds ont un pouvoir illégitime qu'ils exercent de manière abusive. Cette trame manichéenne sert de fondement à toute l'intrigue, qui va retracer les difficultés rencontrées par les auteurs de l'attentat, et leur brillant sacrifice final.

            Les personnages sont eux-mêmes entiers : ce n'est plus seulement l'intrigue qui présente le bien et le mal réparti dans deux groupes sociaux foncièrement différents, mais les personnages incarnent des idées et des valeurs qui s'opposent. Ainsi, Kaliayev – en refusant de pactiser avec l'ennemi et de révéler le nom de ses camarades ou de pendre d'autres détenus pour alléger sa peine – oppose une résistance incompréhensible à la Grande Duchesse Elisabeth, qui ne connaît pas ces sentiments patriotiques.

 

« KALIAYEV : Je vous en supplie, ne le faites pas. Laissez-moi mourir ou je vous haïrai mortellement.

LA GRANDE-DUCHESSE, sur la porte : Je demanderai votre grâce, aux hommes et à Dieu.

KALIAYEV : Non, non, je vous le défends ».

 

            Ce manichéisme peut donc se penser en termes sociaux : les aristocrates seraient du côté du mal, alors que les terroristes – tous de milieux sociaux modestes – œuvreraient pour la justice. Une telle vision rejoint celle de Sartre dans Les Mains sales où Hugo, intellectuel et bourgeois, tente de se faire accepter par un groupe communiste qui le considère...

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