Méditations Métaphysiques

par

De l’existence de Dieu

Il est question ici de démontrer ou de réfuter l’existence de Dieu. Selon Descartes, les idées ne sont ni vraies ni fausses. C’est la perception que nous en avons qui peut être vraie ou fausse. Lorsque je dis que tel engin de quatre roues est une voiture et non une moto, c’est la perception que j’en ai qui me permet d’avoir une telle représentation. Le problème qui se pose est simple : comment s’assurer des fondements de telles idées ? Quelles en sont les sources ? Il existe deux types d’idées : celles qui sont le fruit de notre imagination, qui se produisent et naissent à l’intérieur de nous ; et celles qui viennent hors de nous. Descartes effectue deux essais de réponse qui nous permettraient de distinguer les idées qui viennent de nous (parce que produites par nous-mêmes), de celles qui sont le fruit du monde extérieur. Selon la première explication, tout ce qui existe en dehors de nous, existe indépendamment de notre volonté, nous n’avons donc aucune maîtrise sur ces choses. Nous nous reposons uniquement sur nos sens afin de déterminer l’existence de ces choses externes. Or, comme l’a souligné l’auteur, les sens nous induisent parfois en erreur. Par conséquent, ces sens ne peuvent objectivement pas nous aider à déterminer si ces idées viennent hors de nous ou de notre imagination.

Selon la deuxième explication, puisque nous admettons qu’une idée peut exister hors de nous et indépendamment de notre volonté, nous soutenons en d’autres termes que sa cause est extérieure à nous. À titre d’exemple, lorsque je dis « j’ai chaud », ce sont mes corpuscules de tact qui me renseignent sur le climat. Or, le fait qu’il fasse chaud ou froid ne dépend nullement de moi. Nous pouvons donc nous rendre compte que la réalité objective des choses peut avoir différentes sources, origines. Elle peut être le fruit de la raison, de l’imagination ou du monde extérieur. Par conséquent, pour rejoindre Descartes, nous pouvons dire que seules les idées qui viennent de notre esprit existent puisque le  « je suis » est une chose pensante. En reliant cette analyse à l’existence de Dieu, nous soulignons qu’étant donné l’idée de l’existence de Dieu hors de notre esprit, elle prend naissance hors de nous. Cette idée vient de l’extérieur. L’auteur souligne à cet effet : « Partant il ne reste que la seule idée de Dieu, dans laquelle il faut considérer s’il y a quelque chose qui n’ait pu venir de moi-même. Par le nom de Dieu j’entends une substance infinie, éternelle, immuable, indépendante, toute connaissante, toute-puissante, et par laquelle moi-même, et toutes les autres choses qui sont (s’il est vrai qu’il y en ait qui existent) ont été créées et produites. Or ces avantages sont si grands et si éminents, que plus attentivement je les considère, et moins je me persuade que l’idée que j’en ai puisse tirer son origine de moi seul. » (p.51).

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur De l’existence de Dieu >