Méditations Métaphysiques

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Méditation Troisième : De Dieu ; qu’il existe

À ce stade de la réflexion, on sait qu’on ne peut être assuré que de notre propre existence. De la même façon, nous devons rejeter tout ce qui peut s’apparenter à toute forme de sensibilité que ce soit. Par là, nous entendons donc tout ce qui se perçoit par les sens. Mais le but premier de cette étude est de comprendre le monde et avant tout de le connaître. Il faut chercher la vérité et trouver des certitudes dans le monde extérieur à nous-mêmes. L’objectif de Descartes est donc désormais de trouver ce qui nous donne l’assurance de l’existence de notre moi conscient afin de pouvoir l’appliquer à toutes les autres certitudes que nous cherchons.

         Descartes trouve ensuite que ce qui nous donne la certitude de notre existence n’est autre que le fait de pouvoir en avoir une représentation et une idée claire et distincte de tout le reste. Il faudrait donc pouvoir appliquer ce principe à toutes les autres certitudes que nous recherchons. Or, une idée cesse d’être claire à partir du moment où on n’y pense pas, laissant donc au malin génie la possibilité d’intervenir. Cette hypothèse est donc à proscrire et annuler.

         Descartes décide donc ensuite d’analyser les pensées. Pour cela, il cherche à les organiser en trois types. Il existe les jugements, les idées et les volontés. Les jugements étant des sortes d’actes, le malin génie peut les falsifier. Au contraire, les volontés, mais aussi et surtout, les idées, sont en fait des représentations. Il est donc possible de les distinguer dans trois nouvelles catégories. Tout d’abord les idées innées propres à la conscience, puis les idées adventices provenant du monde extérieur, et enfin les idées factices qui sont inventées de toute pièce par la conscience. La seule de ces catégories qui possède un véritable intérêt pour la question posée est celle des idées adventices, puisqu’elles permettent de relier notre conscience au monde extérieur.

         Pour suivre toujours la même logique, on comprend qu’il faut trouver une forme distincte qu’il est impossible de construire soi-même. En effet, l’idée représente une chose extérieure à soi qui peut, certes, ne pas réellement exister, mais qui reste présente à mon esprit. Cette chose présente à mon esprit est une forme qu’on a pu créer psychiquement sans source véritable. Descartes trouve ensuite que cette forme recherchée n’est autre que la perfection infinie. Il s’agit en fait de Dieu. En effet, l’infini nous dépasse, bien qu’étant une idée claire.

         L’idée possède une réalité objective, qui vient de son contenu, et une réalité formelle qui réside dans le fait que c’est notre esprit qui a formé cette idée. L’idée de l’infini que nous étudions actuellement possède une réalité objective plus importante que sa réalité formelle. Ainsi, elle dépasse notre statut d’être fini. Ici, l’infini est la perfection.

Un être, même fini, peut se former l’idée d’infini. Ce serait logiquement Dieu qui suggère une idée pareille. Et il ne peut mentir puisque le mensonge est une imperfection et qu’Il est parfait. L’hypothèse du malin génie peut alors être évitée.

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