Méditations Métaphysiques

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La distinction entre le corps et l’âme

Le doute cartésien n’est qu’une transaction vers la vérité. La vérité dont il est question ici renvoie à l’atteinte d’une connaissance qui soit à l’épreuve du doute. Une telle connaissance aura le respect de tous. Le doute n’est pas statique, il est en mouvement : « La Méditation que je fis hier m’a rempli l’esprit de tant de doutes, qu’il n’est plus désormais en ma puissance de les oublier. Et cependant je ne vois pas de quelle façon je les pourrai résoudre ; et comme si tout à coup j’étais tombé dans une eau très profonde, je suis tellement surpris, que je ne puis ni assurer mes pieds dans le fond, ni nager pour me soutenir au-dessus. Je m’efforcerai néanmoins, et suivrai derechef la même voie où j’étais entré hier, en m’éloignant de tout ce en quoi je pourrai imaginer le moindre doute, tout de même que si je connaissais que cela fût absolument faux ; et je continuerai toujours dans ce chemin, jusqu’à ce que j’aie rencontré quelque chose de certain » (p.25). Nous pouvons constater que l’auteur cherche une porte de sortie de ce doute. Comble de l’ironie, cette porte qui n’est autre que la certitude, passe par l’épreuve du doute.

Par ailleurs, le doute cartésien ne se limite pas aux connaissances. Il s’étend au temps et à l’espace. L’auteur estime que sa pensée est certaine et le corps douteux car il nous renseigne par le biais des sens. Néanmoins, nos pensées aussi peuvent nous tromper. Alors, qui suis-je ? se demande Descartes. Il arrive à la conclusion selon laquelle pour penser, donc douter de son corps, il faut qu’il existe lui-même. Par conséquent, il ne peut douter de son existence : « N’y a-t-il point quelque Dieu,...

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