Méditations Métaphysiques

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Du vrai et du faux

Ce thème est relié à celui de l’existence de Dieu. Le « je suis » est une chose pensante dont l’existence est en fonction de celle de Dieu. Il existe donc une relation entre l’homme et Dieu. La preuve que le « je suis » est une chose pensante est une qualité de l’esprit humain que Dieu a mis en nous. La certitude et le doute comme moyen pour y parvenir, est une preuve que ces dispositions ont pour objectif premier de découvrir le principe de base, le fondement des choses. Si le « je » existe, ce ne serait que par le fait de Dieu car c’est ce dernier qui a mis en lui la faculté de distinguer le vrai du faux : « En après j’expérimente en moi-même une certaine puissance de juger, laquelle sans doute j’ai reçue de Dieu, de même que tout le reste des choses que je possède ; et comme il ne voudrait pas m’abuser, il est certain qu’il ne me l’a pas donnée telle que je puisse jamais faillir, lorsque j’en userai comme il faut. Et il ne resterait aucun doute de cette vérité, si l’on n’en pouvait, ce semble, tirer cette conséquence, qu’ainsi donc je ne me suis jamais trompé ; car, si je tiens de Dieu tout ce que je possède, et s’il ne m’a point donné de puissance pour faillir, il semble que je ne me doive jamais abuser. » (p.63).

L’essence de l’homme en tant que chose pensante découle de Dieu. Et, comme Dieu est synonyme de perfection, l’homme en tant que chose pensante ne saurait se tromper. La preuve de l’existence de l’homme est donc synonyme de l’existence de Dieu. En d’autres termes, lorsque nous nous trompons ou commettons des erreurs, nous cessons d’être la chose pensante qui découle de Dieu. Le fait de se tromper émane de notre liberté à choisir. Lorsque nous prenons une décision sans peser le pour et le contre, sans rationnaliser notre décision, il existe une probabilité de se tromper car en agissant ainsi, nous manquons de nous entourer des sécurités qui nous permettent de déceler le vrai du faux. Par conséquent, lorsque subsiste la moindre probabilité de doute dans une décision ou jugement, nous devons prendre du recul en attendant de balayer le doute qui persiste. Il souligne à cet effet : « Or si je m’abstiens de donner mon jugement sur une chose, lorsque je ne la conçois pas avec assez de clarté et de distinction, il est évident que j’en use fort bien, et que je ne suis point trompé ; mais si je me détermine à la nier, ou assurer, alors je ne me sers plus comme je dois de mon libre arbitre ; et si j’assure ce qui n’est pas vrai, il est évident que je me trompe, même aussi, encore que je juge selon la vérité, cela n’arrive que par hasard, et je ne laisse pas de faillir, et d’user mal de mon libre arbitre » (p.70).

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