Nouvelles de Saint-Pétersbourg

par

La folie

La folie est une constante dans les Nouvelles de Pétersbourg, elle est présente dans quasiment chaque nouvelle et survient insidieusement par le biais d’autres vecteurs, tels que l’aspiration au rêve, la déception, les sentiments désenchantés… Face à leurs démons intérieurs et aux situations auxquelles ils sont confrontés, les personnages doivent lutter pour maintenir à distance une forme de folie qui s’abat sur eux, faute de repères tangibles auxquels s’accrocher. A ceux-ci succèdent un manque d’adaptation à leur monde, doublé d’une angoisse finalement de l’acte même de vivre.

Dans « Le journal d’un fou » par exemple, le personnage principal Proprichtchine voit son rêve de vie amoureuse commune avec la fille de son directeur s’effondrer. Il passe d’une dimension onirique, dans laquelle il croit cet amour possible (l’exemple d’une espérance qui renvoie aux désillusions que dénonce Gogol dans cette œuvre), il se condamne à l’exil, et se prend désormais pour un « roi d’Espagne »… Sa condition sociale, occupant un petit poste de fonctionnaire, n’étant pas importante aux yeux du monde ni à son propre regard, lui empêche toute relation plus ample avec une femme qui n’est pas de sa condition, mais sa candeur et sa naïveté vont tout de même lui faire miroiter ce rêve. La paranoïa qui résultera de cet exil le mène à sa perte, et ressemble à une punition qu’il s’inflige à lui-même pour avoir osé prétendre qu’un « meilleur avenir » était possible à Saint-Pétersbourg.

Le rêve a donc une place définitivement sombre et glauque dans les Nouvelles de Gogol. Au lieu d’avoir le rôle d’apaiser et de calmer, il...

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