Nouvelles de Saint-Pétersbourg

par

Le Portrait

Première partie

 

Tchartkov, un jeune peintre prometteur et mélancolique, alterne moments d’exaltation et de dépression. Le plus grand risque pour lui serait, d’après son maître, de se laisser aller à son penchant mondain, à gâcher son talent dans la peinture à la mode. Un jour, Tchartkov tombe, chez un brocanteur médiocre, face à un tableau représentant un vieillard au regard particulièrement réaliste. Il l’achète avec le peu d’argent qui lui reste. Pendant la nuit qui suit, Tchartkov ne cesse de rêver que le vieillard sort du tableau pour lui offrir mille ducats. Au matin, alors que le propriétaire de sa chambre vient lui réclamer son loyer, Tchartkov se rend compte qu’effectivement mille ducats sont cachés dans le tableau du vieillard.

Au lieu de se servir de cette somme pour mener une vie bien rangée de peintre studieux, Tchartkov cherche aussitôt le luxe. Très vite, grâce à un article élogieux, il devient la coqueluche des aristocrates qui viennent le voir pour se faire portraiturer dans des postures fantasmagoriques. Mais à force de s’adonner à ces tâches artistiquement peu gratifiantes, Tchartkov devient paresseux, s’embourgeoise, corrompt et perd ce qu’il pouvait avoir de prometteur.

Un jour, on le fait venir à l’Académie pour contempler le tableau peint par un de ses anciens camarades. Devant le sublime tableau, Tchartkov prend conscience qu’il a gâché son talent. Dès lors, il se met à acheter tous les tableaux qu’il trouve beaux pour les mettre en lambeaux. Il plonge progressivement dans la folie furieuse et finit par se laisser mourir.

 

Seconde partie

 

On assiste à la vente aux enchères des biens d’un défunt, et plus particulièrement d’un tableau représentant un vieillard au regard particulièrement réaliste. Alors que les acheteurs débattent pour s’octroyer le tableau, un jeune homme fait irruption et demande à ce qu’on lui remette l’œuvre. Pour convaincre l’assemblée, il raconte son histoire : dans le quartier très pauvre de Kolomona, il y avait un usurier qui, disait-on, causait la mort de tous ceux à qui il prêtait. Un jour, il se fit portraiturer par le père du jeune homme, qui ne parvint jamais vraiment à terminer le tableau : dès qu’il s’y essayait, il se trouvait profondément tourmenté et abandonnait. Au décès de l’usurier, en qui il croyait reconnaître le diable incarné, le père devint neurasthénique et ne sortit de son apathie qu’au prix de nombreux efforts et sacrifices. Désireux de limiter la malédiction liée au tableau, le père, qui n’avait plus le tableau en sa possession depuis longtemps, envoya son fils à sa recherche.

Le jeune homme explique que c’est la première fois, depuis quinze ans, qu’il trouve un tableau ressemblant à la description faite par son père. Mais alors qu’il désigne l’oeuvre du doigt, il se rend compte qu’elle s’est volatilisée. L’assemblée en reste hébétée.

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