Nouvelles de Saint-Pétersbourg

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Saint-Pétersbourg et la Russie

Tout d’abord, il est nécessaire de connaître le contexte de l’époque et la vision de Gogol sur la Russie afin de pouvoir comprendre et apprécier pleinement l’œuvre. En effet, les Nouvelles ont été écrites au 19ème siècle, pendant la période encore dirigée par les tsars. Gogol, lui, n’est pas russe mais ukrainien d’origine, et ne partage pas la vision idyllique que beaucoup de russes portent à la ville de Saint-Pétersbourg.

En effet, cette ville, appelée au départ Petrograd, était la deuxième capitale, et l’a toujours été (sauf pendant la période soviétique où, plus tard, elle deviendra la capitale). Si Moscou est la forte et la grande, Saint-Pétersbourg est la jeune sœur splendide et séduisante. Située sur les bords de la Néva et toute proche de la mer du Nord, elle est la seule porte ouverte sur l’Europe de toute la Russie. C’est là-bas que se développe l’amour de la Russie pour la marine, et c’est également le lieu de construction des navires de la flotte russe. La « ville de Pierre » représente, aux yeux de beaucoup, le progrès, l’ouverture au monde occidental, l’ambition et le modernisme que cette région au climat et aux conditions de vie difficiles a toujours affectionné et recherché ardemment. Ainsi, la ville est un symbole d’espoir pour beaucoup, une chance pour la Russie de se moderniser et de pouvoir fournir à ses habitants une vie plus décente et agréable.

Or, Gogol ne partage pas ce point de vue. Trouvant la société à son goût trop hypocrite et pleine d’illusions, il décide de nous guider à travers une Saint-Pétersbourg dérangée, étrange, et inquiétante, où les repères vacillent et où tout n’est que mirages. Il dénonce ainsi le rêve que fait miroiter cette cité à la population trop hiérarchisée et refuse de se laisser happer par les chimères qu’elle propose. Auteur pessimiste et résigné, il fait cheminer le lecteur tout le long de ces cinq nouvelles, écrites entre 1835 et 1845, où se mêlent représentation décalée de cette ville et satire d’une société qu’il juge démunie et crédule.

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