Nouvelles de Saint-Pétersbourg

par

La Perspective Nevsky

Comme nous le verrons plus tard dans la nouvelle « Le Nez », « La Perspective Nevsky » est elle-même personnage de son histoire. Elle est prise comme objet d’étude par Gogol pour décrire un aperçu miniature de la ville, et de la société russe à échelle réduite. Cependant, c’est par le biais de Piskariov et Pirogov que l’on assiste à cette étude. Le premier, peintre, « étrange artiste au pays des neiges », est à la recherche du sujet pour pouvoir peindre le tableau idéal. Il rencontre une fille de joie sur la perspective Nevsky, et, son imagination stimulée par les illusions dont regorge la rue, se met en tête de faire d’elle sa muse. Or, rejeté, il apparaît bientôt que l’on ne peu concilier rêve et réalité en ces lieux, et, désespéré, il se tranchera la gorge.

Son ami Pirogov, lui, tombe en admiration devant une belle blonde qui parcourt la perspective : il la suit jusque chez elle, force la porte, et se voit recevoir avec de multiples coups par le compagnon allemand de la dame. Bien que son destin soit moins tragique que celui de son jeune ami de peintre, lui aussi subit un cuisant échec et se laisse piéger par les fantasmagories qui planent autour de la grande artère passante, cœur même de la ville.

Cet endroit est donc fort de signification : lieu de passage obligatoire pour quiconque traverse la ville, Gogol le décrit comme étant le porteur de tous les rêves et les illusions miroitantes que nourrit la ville, qui pousse les gens du quotidien à leur perte.

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