Nouvelles de Saint-Pétersbourg

par

La Perspective Nevski

La nouvelle commence par une longuedescription de la Perspective Nevski, artère principale de Saint-Pétersbourg,et des différents mouvements de foule qui la parcourent tout le jour durant. Lenarrateur rend à la fois la majesté et le grotesque de cette faunefourmillante. Deux jeunes hommes finissent par se dégager de la masse :Piskariov, plutôt introverti, et Pirogov, plutôt extraverti. Les deux amis seséparent, chacun se trouvant attiré par une femme différente qu’il décide desuivre. Le narrateur raconte d’abord intégralement la filature de Piskariov,puis tout aussi exhaustivement celle de Pirogov.

Piskariov est – chose rare à Saint-Pétersbourgsignale le narrateur – peintre. Sa convoitise l’a mené devant une maison depasse, où il s’étonne qu’une femme si belle que celle qui l’a séduit toutsoudain puisse se prostituer. Alors qu’il se morfond chez lui, la femme leconvie à une somptueuse soirée mondaine. Au moment où elle va lui révélerqu’elle n’est pas réellement prostituée, Piskariov, se réveillant, se rendcompte qu’il rêvait. Cependant, comme il préfère la femme du songe à la femmeréelle, il passe les semaines suivantes à traquer le sommeil par tous lesmoyens pour la revoir. L’expérience est quelquefois heureuse, mais au fil dutemps elle le frustre, et Piskariov décide de retourner voir la femme réelle,en partant du principe qu’elle est contrainte à cette vie de débauche, qu’elleest une victime. Il tente d’expliquer à la femme qu’il souhaite l’épouser, afinqu’ils construisent ensemble une vie honnête et pérenne. Mais celle-ci, quisemble épanouie par ses activités actuelles, se moque de lui. Piskariov rentre alorschez lui et se suicide. Personne ne vient à son enterrement, pas même Pirogov.

Retour au moment où les deux amis se séparentsur la Perspective Nevski. Pirogov, qui s’avère être lieutenant (espècebeaucoup moins rare que le peintre, semble-t-il), personnage tout à faitconvaincu de son pouvoir sur la gent féminine, se retrouve dans l’atelier deSchiller, maître ferronnier allemand. On comprend que la femme suivie parPirogov est l’épouse de celui-ci, lequel, ivre, implore son ami Hoffman de luicouper le nez (ce souhait de Schiller peut paraître anecdotique isolément, maisà l’échelle du recueil, il entre en résonance avec la nouvelle Le Nez). Le lendemain, Pirogov vientcommander des éperons à Schiller, prétexte pour avoir la possibilité de visiterrégulièrement l’épouse du ferronnier, laquelle se montre très réticente auxavances du lieutenant. Celui-ci apprend un jour que Schiller est toujoursabsent les dimanches. C’est donc un dimanche qu’il tente de faire céder lafemme, en la faisant danser d’abord, puis en l’embrassant fiévreusement.Schiller qui les surprend fouette Pirogov avec l’aide de ses amis. Furieux, lelieutenant décide de se venger, mais sur son chemin il s’achète une pâtisserierafraîchissante qui lui fait abandonner l’idée d’un combat.

Lanouvelle se clôt sur une intervention directe du narrateur, qui invite lelecteur à fuir quoi qu’il en coûte la Perspective Nevski, car « elle mentà longueur de temps ». 

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