Nouvelles de Saint-Pétersbourg

par

Les formes de comique

Le comique des Nouvelles de Pétersbourg est un comique tirant sur le pathétique, visant finalement à mettre en valeur l’incapacité des protagonistes à venir à bout de leurs actions. Il revêt plutôt la forme d’un grotesque exacerbé, concept en totale contradiction avec le sublime et qui vise à donner la part belle aux difformités, au trivial, à tout ce qui est aussi loin que possible de ce qui peut prêter à l’admiration ou à la crainte.

En effet, le réel est totalement déformé, écartelé, modelé dans tous les sens afin de lui donner une apparence monstrueuse. Dans « La perspective Nevsky » par exemple, la description de cette grande artère qui nous est donnée est celle d’une rue en apparence droite et ordonnée, mais qui en réalité n’est qu’un immense chaos grouillant d’objets hétéroclites : toute homogénéité a disparu, et aucun repère n’est admissible dans cet amalgame d’extrêmes et d’opposés. On y trouve même des couples de femmes papillons et d’homme scarabées, ce qui accentue, par leur apparente normalité, le côté comique et grotesque. Les descriptions de personnages portent aussi leur lot d’étrangeté : parfois, ils requièrent presque de la monstruosité. C’est le cas dans le portrait d’Akaki Akakievitch, avec son « teint hémorroïdal » et ses manières de s’agiter et de parler qui l’assimilent plutôt à une machine décérébrée. Ainsi, nous avons affaire à de véritables personnages traités comme des bouffons, et le lecteur trouve...

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