Tous les matins du monde

par

Pascal Quignard

Pascal Quignard naît le 23 avril 1948 dans l’Eure. Sa mère est principale de collège, fille de grammairiens qui enseignaient entre autres à la Sorbonne, et son père est proviseur d’un lycée, et fils d’organistes. Il passe son enfance au Havre, en Normandie. Les premières années de sa vie sont difficiles et marquées par ses troubles psychologiques : Pascal Quignard a des troubles anorexiques et fait des crises de mutisme à l’âge de dix-huit mois et à seize ans. Grâce à ses parents et à leur propre éducation, il éprouve très vite un vifs intérêt pour la musique, la littérature et les langues.

            À dix-sept ans, il commence à travailler dans une librairie à Dieppe, puis il part à Nanterre, où il entame des études de lettres et de philosophie en 1966. Il compte parmi ses professeurs Paul Ricœur et Lévinas. Il suit parallèlement un parcours de formation musicale. Après avoir obtenu une licence de philosophie, il compte rédiger une thèse de doctorat consacrée à Bergson. Mais les évènements de mai 1968 lui font renoncer à ce projet. Il se voue alors à l’écriture et publie un premier essai sur Maurice Scève, dans la revue L’Éphémère (il y publie par la suite d’autres articles et essais). Concomitamment, il publie divers travaux : une traduction du poème Alexandra  (de Lycophron), des études littéraires et un autre essai sur Maurice Scève, La Parole de la Délie. Il devient lecteur pour les maisons d’édition Gallimard et le Mercure de France en 1969 et donne des cours à l’université de Vincennes.

            En 1976 il commence à rédiger des œuvres fictives : un premier poème, Sang, et un roman, Le Lecteur, qui ressemble davantage à un récit descriptif de la profession de lecteur qu’à un roman. Trois ans plus tard, il publie un deuxième roman, Carus, qui met en scène un groupe d’amis dont l’un tombe en dépression. Cette dépression est exprimée au travers d’une réflexion sur le langage et elle est décrite comme une défaillance de langage, une incapacité à s’exprimer. Ce roman est certainement inspiré des propres épisodes de dépression de Pascal Quignard, qui ont entraîné ses crises de mutisme. Il a reçu le prix des Critiques pour ce roman en 1980.

            Pendant les années 1970 et 1980, il produit de multiples œuvres, sous des formes diverses : des textes plutôt courts, des romans plus denses (Le Salon de Wurtemberg, Les Escaliers de Chambord), des textes de réflexion philosophique, et des essais littéraires. Pascal Quignard commence alors à se faire connaître du grand public, notamment grâce à ses romans. C’est son roman Tous Les Matins du Monde, paru en 1991, qui accentuera la vulgarisation de son travail, d’autant plus que la même année,...

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