Tous les matins du monde

par

Madeleine

Madeleine est l’aînée de Sainte Colombe. Nous suivons son évolution depuis ses sept ans. Cette jeune fille discrète illustre le silence et au repli sur soi : « elle était comme un vaisseau qui chavire et qui coule inopinément » — cette phrase souligne métaphoriquement sa fragilité. C’est une image sombre et forte. En effet cela montre sa façon de se couper de la réalité. Tout cela est en opposition avec Toinette, sa cadette, pleine de vie. Madeleine est dans la passivité : lors des scènes où son père s’emporte, elle reste figée et pétrifiée. Elle refuse l’action et la parole. Elle est caractérisée par une maigreur extrême. Sa mort est à l’image de son personnage, silencieuse et discrète. C’est cependant le seul moment où elle fera preuve d’initiative.

Sa discrétion extrême va de pair avec une constitution physique faible. Elle perd l’enfant qu’elle porte, celui qu’elle a conçu avec Marin Marais. À la suite de cet événement elle tombe malade et ne s’en remettra jamais. Lors de sa grossesse Marin Marais avait fait confectionner de petits souliers en satin jaune à son père, mais il ne les lui offre qu’après qu’elle eut perdu l’enfant. Madeleine va leur trouver une utilisation tragique : elle se servira des lacets pour se pendre à un montant de son lit. Cet objet aurait pu disparaître mais Toinette a empêché sa sœur de les brûler – ironie tragique.

 Cette faiblesse est à l’opposée des forts sentiments qui la traversent. Elle se consume littéralement pour Marin Marais, le perdre signe sa dégénérescence. Leur relation est inégale dans le sens où Madeleine lui a ouvert son cœur, son corps et...

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