Vipère au poing

par

Les abbés

Le père Trubel

Il est le précepteur des enfants pendant deuxans. Premier d’une suite de sept prêtres, c’est un ancien missionnaire enAfrique, il porte trois griffes de lion au poignet. La pipe bourrée de« gros-cul » à la bouche, il n’a pas un geste de sympathie pour lesmalheureux enfants qui lui sont confiés, préférant se courber dans le sens duvent dominant, celui de Folcoche. En récompense, il reste deux ans précepteur àla Belle Angerie, « Madame mère le soutenant malgré la qualité médiocre deson préceptorat et le zèle fâcheux qui le poussait vers les filles deferme. » C’est d’ailleurs une affaire de ce type qui oblige Jacques Rezeauà renvoyer l’ecclésiastique, qui tombe le masque en quittant la Belle Angerie :« Mais oui, mon bon monsieur, je quitte votre maison de fous… Vosharicots rouges commençaient à m’écœurer… et le parfum des chaussettes de vosenfants, ces petites bêtes puantes… Je vous laisse sous la férule deFolcoche… » Ce peu sympathique personnage a pourtant un dernier gestequi redore un peu son blason : il glisse une griffe de lion dans la maindu narrateur : « Prends ça, gamin ! Il n’y a que toi qui lamérites. »

 

L’abbé Traquet, dit B VII

Comme son surnom l’indique, c’est le septièmeprécepteur des enfants Rezeau. Le narrateur le décrit comme un êtrebestial : « Ses mandibules font un petit bruit de cheval qui broie dela paille. » Grand – il chausse du quarante-quatre – il a été embauché parFolcoche pendant l’absence de son mari. Il se montre d’abord extrêmement brutalavec les enfants, mais les manœuvres du narrateur ont tôt fait de le fairecingler vers les rivages de la neutralité, tant et si bien que Folcoche ne leménage guère, au point de lui faire partager la raie avariée qu’elle sert à sesfils. Ce point indique qu’à ce moment, peu importent les dommages collatérauxde la guerre qu’elle mène à ses fils. Si un tiers en est victime, tant pis pourlui.

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