Vipère au poing

par

Les précepteurs

Pourquoi des précepteurs ? Il y aplusieurs raisons à cela. La première est une question de prestige ; dansle milieu social des Rezeau, les enfants ne fréquentent pas les écoles ou leslycées publics, où règne la République, que l’on surnomme, dans ce milieunostalgique, la Gueuse. Donc, pas question d’enseignement public. Restel’enseignement privé, catholique, évidemment. Or, les pensions convenables ontun coût, et c’est trop pour la maigre fortune des Rezeau. Le père ne possèdepas assez de revenus pour assumer trois pensions, et Folcoche n’envisage pasd’investir le moindre sou dans l’éducation de ses enfants. Reste donc lasolution du précepteur, qui se charge, pour un seul salaire, d’instruire lestrois garçons. Les conditions requises sont que ce précepteur soit un prêtre,et qu’il ne soit pas exigeant quant au défraiement. C’est pourquoi lesprécepteurs engagés par les Rezeau ne sont pas issus du dessus du panier de lapédagogie.

Ces ecclésiastiques pauvres sont tenus ausilence par leur pauvreté, et la plupart ferment les yeux sur les agissementsde Folcoche, voire s’en font les complices. Cela permet à Hervé Bazind’égratigner au passage les représentants de l’Église, plus préoccupés de leurintérêt que de celui des enfants. Un seul d’entre eux osera avertir l’évêché dece qui se passe à la Belle Angerie. Un chèque signé par M. Rezeau pour lesbonnes œuvres calme les légères ardeurs investigatrices de l’Église. Parmi lessept ecclésiastiques qui se succèdent auprès des enfants, deux sont à remarquer.

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