L'assommoir

par

Le premier roman français sur le peuple

L'Assommoir a une place particulière dans la littérature : c'est le premier roman français sur le peuple. « C'est une œuvre de vérité, le premier roman sur le peuple, qui ne mente pas et qui ait l'odeur du peuple » écrit Zola dans la préface. Il ajoute : « mes personnages ne sont pas mauvais ; ils ne sont qu'ignorants et gâtés par le milieu de rude besogne et de misère où ils vivent. » En effet, la réception accordée au roman fut rude, le public choqué ne ménagea pas les critiques. Il est vrai que le tableau peint par Zola, porté par sa volonté de décrire la réalité, n'épargne rien au lecteur, qui aurait sans doute préféré ignorer certaines réalités.

Ainsi, Zola décrit les conditions de travail des classes laborieuses. Il parle d'abord de Gervaise, lavandière qui lave le linge des autres dans l'eau glacée et les courants d'air du lavoir, pour s'élever quelque peu et devenir patronne d'une boutique de blanchisserie. Là, moins de courants d'air, mais la crasse immonde est toujours là : elle plonge ses bras nus au cœur même de la saleté lors du tri du linge : « Elle n'avait aucun dégoût, habituée à l'ordure ; elle enfonçait ses bras nus et roses au milieu des chemises jaunes de crasse, des torchons raidis par la graisse des eaux de vaisselle, des chaussettes mangées et pourries de sueur. » Peu importent les risques de maladie et le légitime dégoût. Encore Gervaise ne risque-t-elle pas directement sa vie, comme le fait Coupeau : debout sur le toit glissant en compagnie de son apprenti, le zingueur...

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Dissertation à propos de L'assommoir