L'assommoir

par

Les Lorilleux

M. et Mme Lorilleux sont orfèvres. Leur minuscule atelier est installé dans leur petit logis, dans l'immeuble de la rue de la Goutte-d'Or. Rien ne brille chez eux : leur âme est noire comme le lieu où ils travaillent.

Mme Lorilleux est la sœur de Coupeau. Elle a « une honnêteté de femme laide » et pratique la méchanceté comme un art. Dès le premier regard, elle voue à Gervaise une haine inextinguible. Cruelle, elle la surnomme « la Banban » à cause de sa légère claudication. Par la suite, elle ne manquera pas une occasion de faire du mal au ménage de son frère. Bien que marraine de Nana, elle ne cesse de médire des Coupeau, d'inventer les ragots les plus infâmes, de mentir au sujet de sa belle-sœur.

Son mari ne vaut guère mieux. Comme son épouse, il prend un plaisir malsain au spectacle du malheur des autres. Le couple vit enfermé dans son réduit, manipulant l'or – qui, entre leurs mains, est noir, triste et ne brille pas – et économisant sou après sou, s'offrant de bons repas une fois leur porte fermée, se gardant bien de partager. Ces tristes individus laissent littéralement Gervaise mourir de faim à leur seuil, sans lui tendre la main, ricanant et se régalant du lamentable spectacle. 

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Dissertation à propos de L'assommoir