Les Confessions

par

La narration d’une conversion à la foi chrétienne

Tout d’abord, il est nécessaire de se pencher sur le sensétymologique du titre. Le mot « confession » renvoie communément à unchemin psychologique, à une réflexion visant à mettre en lumière et àexpliciter nos actions passées, souvent avec remords. Elle vise à un retour sursoi, à une réflexion sur ses actes, souvent à portée universelle. Sansforcément vouloir les justifier, les confessions portent un regard rétrospectifsubjectif sur des pensées et des actions antérieures. Elles sont souventmatière à la réflexion philosophique et incitent à la remise en question. Ellessont une manière humble et souvent repentante de parler de sa propre vie, deses propres actes, et établissent un rapport très étroit entre le lecteur etl’auteur.

Cependant, la confession est également le fait de seconvertir à une nouvelle religion. Elle peut vouloir signifier l’acceptation dela foi chrétienne, une reconnaissance de ses doctrines et l’annonce de l’amourde Dieu. Ainsi, l’œuvre de saint Augustin est destinée à nous expliquer dequelle façon et pourquoi celui-ci s’est retrouvé dans la foi, et dans quel but ildésire poursuivre dans ce chemin. Il nous livre le cheminement spirituel de saquête de Dieu et les questions auxquelles il se trouve confronté.

« Exaucez,Seigneur, ma prière ; que mon âme ne défaille pas sous votre discipline ; etque je ne défaille pas à vous confesser vos miséricordes qui m’ont retiré detoutes mes déplorables voies ! Soyez-moi plus doux que les séductions quim’égaraient ! Que je vous aime fortement, et que j’embrasse votre main de toutemon âme, pour que vous me sauviez de toute tentation jusqu’à la fin.».

Il invoque tout d’abord l’inquiétude de l’âme humaine. En qualifiant la condition humainemortelle de cette manière, saint Augustin lance donc la première clé qui mènevers la quête de Dieu. Il explique que l’homme ressent sans cesse un vide, uneinquiétude face à l’immensité de l’existence, vide dont il ignore comment le combler.Il essaie donc de passer par un substitut à ce vide : la création denouveaux désirs et la recherche de la réalisation de ceux-ci. Or, dit-il,s’appuyant sur la philosophie de Platon, le désir est tel le tonneau desDanaïdes, tonneau percé que les trois figures mythologiques furent condamnées àtenter de remplir en vain. Il n’est que l’ersatz d’une réalisation beaucoupplus profonde, et renaît sans cesse une fois accompli. Non seulement larenaissance du désir est sans fin, mais elle est également hyperbolique :un désir accompli est aussitôt remplacé par un autre, intensifié au centuple.La réalisation du désir de l’homme est donc une entreprise vaine, qui condamnecelui-ci à l’aliénation d’une quête futile.

C’est alors qu’apparaît pour la première fois Dieu :l’homme n’a pas encore réussi à mettre un nom dessus, mais ressent le besoin des’accrocher à une réalité extérieure à lui, puisqu’il se sent vide et inquiet endésirant posséder ce qu’il n’a pas. Cette réalité vient donc forcément dequelque chose qui naît de sa conscience mais ne fait pas partie de lui, sinon,pourquoi ne peut-il en comprendre tout le mystère ? Nous avons alorsaffaire à une représentation divine, immatérielle, de l’expérience d’une choseextérieure à nous mais dont on parvient toutefois à imaginer l’existence. Cequelque chose, nous dit saint Augustin, c’est la présence de Dieu, qui combleraainsi l’inquiétude de l’homme, son sentiment d’être vide et désemparé. Dieu ferale lien entre le non-possédé et la conscience, entretiendra le désir renouvelé maisà son égard. Or, l’amour de Dieu est inépuisable, contrairement aux objets dedésir que l’homme est condamné à voir s’effacer devant lui. C’est alors que laconfession commence réellement : lorsqu’on accepte de voir en Dieu laréponse à notre inquiétude.

« Qui étais-je? et quel étais-je ? Combien de mal en mes actions ; et, sinon dans mesactions, dans mes paroles ; et, sinon dans mes paroles, dans ma volonté ? Maisvous, Seigneur de bonté et de miséricorde, vous avez mesuré d’un regard laprofondeur de ma mort, et vous avez retiré du fond de mon cœur un abîme decorruption. Et il ne s’agissait pourtant que de ne pas vouloir ma volonté, etde vouloir la vôtre ! »

L’auteur explique que ce n’est pas une force divine quivient nous habiter, faisant de nous quelqu’un de condition supérieure à celle, humaine,qui était la nôtre auparavant, mais à l’inverse, c’est l’âme qui, à force dechercher, découvre cette vérité qui la dépasse de si haut. Ainsi, l’homme, parsa conversion, ne devient pas l’égal de Dieu, mais voit devant lui s’ouvrir denouvelles questions auxquelles répondre, qui à terme lui offriront une foiéclairée.

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