Les Confessions

par

Saint Augustin : de l’enfance à la sainteté

L’aspect autobiographique de Les Confessions deSaint Augustin ne fait aucun doute. Il y retrace les trente-trois premièresannées de son existence pour établir un contraste entre la corruption etl’égarement d’une part, et la grâce divine de l’autre. Mais, le livre permetsurtout de comprendre l’homme qu’est devenu Saint Augustin. On découvre àtravers la théorie théologique qu’il met en avant le caractère de l’auteur etl’évolution qu’il a connu depuis ses premières années.

La structure du livre permet de remonter dans le temps etles souvenirs de l’auteur pour découvrir celui qu’il a été. La jeunesse del’auteur est marquée par une multitude de péchés, d’abords petits dans lesproportions de l’enfance, puis allant en grandissant dans les passions del’adolescence et dans l’âge adulte. Augustin s’avère être un enfant sans réelintérêt pour les études, il ne se consacre point à ses études contrariant lesattentes qu’on a pour lui, et il préfère plutôt s’amuser. Même si on a du mal àémettre un réel reproche à l’enfance, Augustin se montre sévère envers lui-mêmeen attribuant au bas âge les germes des vices qui ont fleurit plus tard. Ainsi,lorsqu’il arrive à l’adolescence, le jeune Augustin s’abandonne aux vicesnombreux, plus le plus grand malheur de sa mère qui, étant chrétienne lui aappris a vénéré la figure de Jésus-Christ et à respecter les préceptes duchristianisme.

Malgré cette éducation, Augustin prend, à l’âge adulteune concubine, mais devenu lui-même professeur, il se consacre de plus en plusà sa propre éducation en autodidacte. Toutefois, la philosophie pure neparvient pas à satisfaire sa soif et il se tourne vers les textes religieux. Cen’est pas la Bible, dépourvue du style des auteurs auxquels il est habitué quiretient son attention. Il se tourne vers la doctrine manichéenne qui prône unelutte perpétuelle du bien contre le mal tout en donnant une place importante auChrist, présent depuis son enfance, par l’entremise de l’éducation de sa mèreMonique. Il s’y « embourba », se livrant ensuite à l’astrologie.Pendant tout ce temps, il resta fidèle à la doctrine des manichéens, mais ilfinit par éprouver des doutes considérables qui ébranlèrent sa foi en ladoctrine toute entière.

« Ainsi, monzèle pour les doctrines manichéennes se ralentit. Désespérant de plus en plusde leurs autres docteurs, à l’insuffisance du plus renommé d’entre eux, jebornai mes rapports avec lui à des entretiens sur l’art oratoire dont il étaitépris, et que j’enseignais aux jeunes gens de Carthage ; à des lectures dont ilétait curieux par ouï-dire, ou que je jugeais conformes à la tournure de sonesprit. Tout effort d’ailleurs pour avancer dans cette secte cessa de ma part,sitôt que je connus cet homme. Je n’en vins pas toutefois à rompre avec eux,mais je me résignai provisoirement, faute de mieux, à rester là où je m’étaisjeté en aveugle, attendant qu’une lumière nouvelle déterminât un meilleurchoix ».

La maladie et la mort de sa mère sont des élémentsmarquants dans le parcours du Saint. Mais l’évolution de l’homme et l’élévationde ses mœurs n’ont pas été un événement ponctuel. Déjà, sa mère dans l’espoirde le convertir au christianisme avait fourni de nombreux efforts quicommencèrent à produire leurs effets bien avant sa mort. Un parallèle peut êtreétabli entre l’enfant et l’homme d’église. L’abandon de la doctrinemanichéenne, connue pour sa simplicité dénote d’une maturation de son esprit etde son rapprochement de la doctrine chrétienne. Pour ce qui est de ladiscipline chrétienne, Augustin qui avait vécu jusque-là en concubinage,abandonna la pratique et fit le partage de ses biens entre l’Eglise et lespauvres.

Le moment décisif, si tant est qu’il en a eu un survientalors qu’Augustin, désormais acquis à la discipline chrétienne, est affligé parla honte de ses iniquités passées. Il est tourmenté par sa conscience etréalise qu’il ne peut aller de l’avant sans obtenir l’absolution de Dieu. C’està ce moment qu’une voix l’exhorte à trouver dans la Bible la pénitenceappropriée. C’est alors que Saint Augustin transcende ses fautes passées pourdevenir l’homme d’Eglise.

 « Et tout à coup j’entends sortir d’unemaison voisine comme une voix d’enfant ou de jeune fille qui chantait etrépétait souvent : « PRENDS, LIS ! PRENDS, LIS ! » Et aussitôt, changeant devisage, je cherchai sérieusement à me rappeler si c’était un refrain en usagedans quelque jeu d’enfant ; et rien de tel ne me revint à la mémoire. Jeréprimai l’essor de mes larmes, et je me levai, et ne vis plus là qu’un ordredivin d’ouvrir le livre de l’Apôtre, et de lire le premier chapitrevenu ».

                      C’estun homme entièrement dévoué à la religion qui écrit Les Confessions. Il jetteun regard assez critique sur l’existence menée avant d’être touché par la grâcedivine, et permet au lecteur, ce faisant de découvrir d’une part, l’homme qui avécu dans les péchés de l’esprit et du corps et celui qui est devenu l’un desSaints et théologiens de l’Eglise qui sont restés toujours populaires.

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