La Maison Tellier

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Résumé

 « La Maison Tellier » est une maison close nommée d’après la patronne, Mme Tellier, située en province à Fécamp. Un samedi soir, comme d’habitude, des clients du « café-bordel », majoritairement des ouvriers, des marins français et anglais, mais aussi des bourgeois de la ville, se retrouvent devant la maison close, mais devant une porte toute aussi close. Après s’être bagarrés pour des raisons futiles révélant leur énervement et leur amertume dus à la déception de ne pouvoir profiter des filles de joie en cette fin de semaine, ils s’en vont dépités. L’un d’entre eux, qui avait fait le tour du bâtiment, découvre toutefois la raison de cette fermeture : on ne reçoit pas « pour cause de première communion ». Dès lors, un parallèle est établi et se poursuivra tout au long du récit entre prostitution et religion.

 La tenancière, Mme Tellier, a en effet emmené ses employées, dont elle est très proche, à la première communion de sa nièce Constance. S’ensuit un voyage en train assez agité pour la patronne et sa troupe de prostituées, même si leur apparence les fait passer pour des religieuses. En effet, un commis voyageur dira plein de respect « que ces dames changent de monastère ». La prostitution était majoritairement une activité urbaine, et aucune des personnes venant du monde rural qu’elles croisent ne soupçonne leur véritable condition.

 Une fois arrivées à destination, les filles font beaucoup d’effet aux habitants du bourg de campagne. Le lendemain matin, lors de la cérémonie, ces femmes, qui peuvent paraître innocentes de par leurs toilettes, se laissent aller à pleurer, se remémorant leur jeunesse et leur pureté perdues maintenant qu’elles exercent « le plus vieux métier du monde », si loin de la chasteté catholique. Cette apparente piété réjouit le prêtre qui voit en ces larmes un signe divin de la grâce de Dieu. À la sortie de l’église tout le village les salue à leur passage, comme si elles formaient une procession religieuse.

Mais même dans ce village, leur condition les rattrape ; en effet, Joseph Rivet, le frère de Mme Tellier, après avoir donné une fête en l’honneur des filles, tient à profiter de l’une d’elles, Rosa. Elle refuse, et la question est vite réglée : la troupe est en retard et doit être rentrée le soir même afin de répondre aux attentes de la clientèle fécampoise.

À leur retour à Fécamp, une fête est organisée à la Maison Tellier, qui comblera les habitués. Même la patronne s’abandonne à eux, se laisse aller avec les clients. Elle offre des passes et des bouteilles d’alcool. La journée placée sous le signe de Dieu et de la religion se conclut donc en orgie.

 Cependant, malgré l’apparente ambiance bon enfant qui règne dans la maison close, l’auteur laisse aussi entendre que le sort de ces femmes, de même que plus généralement la condition féminine à l’époque, est à déplorer.

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